Badouzienne 98

On distingue à peine les enrobages grisâtres ! Ils sont plus nombreux en bas, à gauche.

Voyons voir. Je prévoyais couvrir ma toile de 20 rangées de 20 graffitis, pour un total de 400. Or, les aléas de la vie s’en sont mêlés. J’ai obtenu 19 rangées de 16 graffitis, et une rangée de 17. Pour un total de 321 graffitis. Je disposais de 10 mélanges de couleurs un peu trop pâles, d’autant que le fond de la toile est d’un orangé incendiaire. D’où il ressort que j’ai appliqué plusieurs couches de ces couleurs trop pâles sur les graffitis laborieusement formés, laborieusement car il faut quand même avoir de l’imagination pour en tracer 321 différents. J’avoue m’être inspirée en cours de route de l’alphabet perse et des idéogrammes japonais.

Trouvant le résultat fade, j’ai mis ma toile de côté pour me consacrer à une autre, mais le résultat obtenu avec cette autre étant lui aussi sans intérêt, et son exécution ayant requis un gros tube d’acrylique de couleur blanche qui coûte quand même plus de 20$, j’ai opté pour un temps de réflexion quant à ce projet qui me regarde, en ce moment, en ce sens que la toile, appuyée sur les portes, dans mon bureau, me fait face alors que j’écris ces lignes.

Délaissant la grande toile couverte de blanc, je suis revenue à mes graffitis, pour découvrir qu’ils prennent du galon si je les entoure d’une sorte de gris qui, lui aussi, ne ressort pas tellement sur l’orange incendiaire. Cette couleur grise porte le nom de Oakmoss. Au moins, elle couvre bien, mais il va falloir que j’en applique au moins deux généreuses couches.

Je me suis chronométrée tout à l’heure pour vérifier combien de temps me prend l’enrobage Oakmoss autour d’un seul graffiti. J’ai obtenu 2:50 min., mais ce fut un enrobage aisé, d’autres graffitis ont dû me prendre un bon 3:30 min. Pour simplifier le calcul, j’ai retenu un enrobage de 3 min. Puisqu’il y a 321 graffitis, cela fait 963 min., divisées par 60 = 16:05 heures.

En résumé, j’ai du pain sur la planche, mais quand je n’en ai pas je me sens abandonnée à mon triste sort, alors autant en avoir. Bien entendu, ce qui me turlupine, c’est la correction des textes du Tome III, qui n’avance pas parce que je me lance avec passion dans l’enrobage gris pâle de graffitis eux-mêmes difficiles à distinguer. Comme si, en fin de compte, le résultat m’importait peu, en autant que je sois en train de m’évader, un pinceau à la main.

Je m’évade d’autant plus que j’écoute des chansons sur YouTube, réentendues mille fois. Ainsi en est-il de Song for Sharon. Sans me décourager d’avoir si peu construit au fil des ans, si peu appris, si peu retenu, j’écoute la chanson et je me demande encore, comme lorsque j’avais vingt ans, qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire « Fleece me with the gamblers’flocks ». Je me force cependant et je vais vers des nouveautés, enfin, nouveautés pour moi. J’ai ainsi découvert Matt Holubowski, Julia Stone et Elliot Maginot.

Au moins, il y a un défi qui se porte bien : je m’étais fixé d’écrire 50 Badouziennes par année, pour une fréquence de presque un texte par semaine, et je pense être capable d’y arriver puisque dans deux textes ce sera chose faite.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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Une réponse à Badouzienne 98

  1. Jacques R. dit :

    Pour comprendre la phrase « fleece me with the gamblers’flocks » ici, il faut lire la suite. Elle aime jouer au poker (elle est célèbre pour ça, et elle le dit ici), mais elle admet qu’elle est nulle pour cacher ses expression. Elle dit alors « Lave-moi avec le reste des joueurs (gamblers), … mais »

    La suite du « mais » est donnée dans les vers suivants. « Je peux garder mon calme au poker, mais quand l’amour est en jeu… » C’est à ce moment là qu’elle admet se faire « laver ».

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