Badouzienne 81

Quatre-vingt-un, c’est le chiffre qui apparaît sur la plaque d’immatriculation de mon nouveau véhicule. Je considère qu’il est bleu, mais sur la fiche descriptive il est écrit qu’il est de couleur gris kaki. Or, kaki, d’après Wikipédia, c’est un brun jaunâtre. Et, d’après moi, c’est un vert brunâtre. Je ne donnerai pas plus de détails, à propos de la plaque, parce que j’imagine que ce n’est pas prudent d’en dévoiler les caractères. Je me contenterai de mentionner que j’aimais les caractères qui apparaissaient sur la plaque de ma Sonic pour deux raisons : quand j’en additionnais les trois chiffres, j’obtenais treize, que j’ai toujours aimé, et quant aux lettres, elles faisaient, les trois, partie de mon prénom. Sur la nouvelle plaque, il n’y a que deux chiffres, et quatre lettres. Ces dernières ont en commun d’être rarement utilisées en français. Ça aussi, ce positionnement dans la marge, ça me plaît.

Ces considérations sans importance aucune, comme d’habitude, me font penser à une fête à laquelle j’ai assisté samedi dernier. Je n’avais pas envie d’y aller car je ne connaissais qu’une seule participante sur les quelque cent personnes invitées. Au final, nous avons passé du bon temps, Denauzier et moi, et j’ai été la première surprise d’avoir envie de prolonger la soirée une fois le repas terminé. Une amie me demandait, le lendemain, comment s’était déroulée la fête. Je n’ai rien trouvé de mieux à lui répondre que la seule personne que je connaissais portait un chandail à rayures blanches et noires, que je portais pour ma part une robe à rayures blanches et noires, et que personne d’autre n’était ainsi zébré de son habillement.
– Ah, répondent habituellement les gens auxquels j’expose de telles âneries.

Je me suis engagée hier à écrire aujourd’hui en quoi ont consisté mes défis réussis. En fait, il s’agit d’un seul défi : partir en vacances dans des conditions changeantes et pas toujours facilitantes pour le sommeil. La première nuit, il est vrai, fut luxueuse, à l’hôtel dans un lit de très grand format à Mont-Laurier. La deuxième nuit fut facile aussi, dans le sous-sol d’une maison. Les trois autres nuits nous ont vus dormir sur une mezzanine au deuxième étage d’un petit camp de chasse. En position verticale, nos corps devaient se tenir courbés par manque d’espace en hauteur. Le matelas était directement déposé sur le sol. Deux hommes ronflaient. Un toutou se mettait à jouer de la musique lorsqu’un des trois enfants s’appuyait dessus dans son sommeil. N’avoir pas dormi, je n’aurais pas été en mesure de profiter de mes journées. Or, j’ai bien dormi et, de la musique du toutou, je n’ai rien entendu !
– Tu ne crains pas l’inconnu, m’a dit une copine qui n’aurait pas eu envie de se confronter à l’éventualité de mal dormir.
– C’est surtout que je ne désire pas encore faire le deuil de choses que je faisais autrefois sans même envisager qu’elles comportaient des difficultés !, ai-je répliqué.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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