Badouzienne 80

Se pourrait-il que je me vive mieux lorsque je n’écris pas ? Que je me vive mieux lorsque je ne ménage aucune plage d’introspection à mon horaire chargé, me satisfaisant d’être propulsée dans l’action ? J’adore l’action. J’adore les listes de choses à faire, j’adore rayer la chose qui a été faite pour, avec enthousiasme, passer à la chose suivante, qui se verra rayée à son tour, dans une boucle infinie.

Ces derniers mois, je n’ai à peu près rien écrit sur mon blogue, et je ne suis pas allée rencontrer ma psychologue, à Montréal. Je la rencontre, justement, depuis un an, pour m’offrir une petite heure d’introspection aux deux semaines. Est-ce parce que je ne vais pas la voir que je me sens si bien ? Ou, à l’inverse, est-ce parce que certaines paroles, prononcées devant elle, me libèrent d’un je ne sais quoi qui me coinçait ? Paroles qui m’auront échappé, bien entendu, que je serais bien en mal de me rappeler, et que, forcément, il me serait impossible de rapporter ici.

En tout cas. Je jardine comme jamais, je me soumets à des défis que je réussis, et cela, apparemment, me suffit.

Allons-y avec le jardinage. J’expliquais hier à mon amie que je préfère mille fois travailler sur le terrain que marcher sur les chemins ou dans la forêt.
– Quand je pellette le paillis pour le déposer entre les plants, me suis-je mise à lui expliquer, je sollicite des muscles au bas du dos sous l’effet de torsions que je ne ferais pas en marchant. J’utilise mes bras qui ne sont guère renforcés par le seul fait de marcher. Je pousse la brouette en fournissant un effort pour atteindre le haut du terrain. Je marche sur un sol inégal, cela aide peut-être à maintenir mes chevilles souples. Enfin, je me penche et me relève un grand nombre de fois.

Je me regarde aller et je me fais penser à papa. Nous entretenons le même goût pour l’entretien d’un terrain, la seule différence étant que son goût était soutenu par un désir de propreté, alors que le mien est soutenu par une recherche de beauté. Papa passait ses journées d’automne à remplir des sacs de feuilles mortes, qu’il râtelait avec une patience infinie. Je n’ai aucune patience pour les feuilles mortes, c’est à peine si je les vois tellement elles ne m’intéressent pas, mais je suis habitée par un attrait indéniable pour l’embellissement, l’ajout d’une haie ici, d’une plate-bande là, espérant me rapprocher d’une satisfaction visuelle qui, tel un mirage, s’éloigne implacablement, mais cela ne me décourage pas !

Je dois reconnaître que l’effort que je déploie pour donner forme à ces tentatives d’embellissement est synonyme de calories dépensées. En procédant par raccourcis, je dirais que j’embellis le terrain pour, sinon maigrir, m’empêcher de grossir ! Si, si.

Demain, si Dieu le veut, je tenterai de décrire les défis réussis dont il est fait mention ci-dessus.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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2 réponses à Badouzienne 80

  1. Jacques Richer dit :

    Ça veut dire quoi, « écrire au mercure » ? et sans bavure?

    J’aime

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