Badouzienne 79

Carrefour

Qu’est-ce qui a changé dans ma vie depuis disons un an ?

Je n’écris presque plus. Cela me manque. Ni ne peins, cela me manque aussi. Voilà deux aspects qui ne sont pas positifs, mais sur lesquels il m’est possible d’agir.

Je supporte mieux la route de terre qui nous mène au chalet. Je ne ressens plus que les secousses dans le camion me brassent le cerveau. Positif.

À cet égard, nous avons acheté un nouveau chalet et vendu l’ancien. Positif sur le plan de la structure, en ce sens que l’ancien menaçait de s’écrouler –bien qu’il soit à peu près certain qu’il ne s’écroulera jamais. Négatif sur le plan de l’ensoleillement et de la grandeur des pièces, en fonction de laquelle nos meubles risquent fort de s’avérer trop gros ! Cela dit, un vif ensoleillement crée de la chaleur difficile à supporter pendant les canicules. Or, les canicules seront peut-être plus nombreuses avec le réchauffement et tout le tralala, bien que, encore ici, ce seront surtout les pluies qui auront caractérisé notre été 2022.

La vue sur le lac est moins fluide au nouveau chalet parce qu’elle est encombrée d’arbres plus ou moins morts, donc plus ou moins inspirants, énergisants. En même temps, si on se rend sur le quai observer le plan d’eau, la vue y est plus intéressante, quant à moi, que celle de l’ancien chalet. Denauzier, cela étant, aimait bien la vue, plus intime, que l’on avait de l’ancien…

Autrement dit, rien n’est blanc ou noir. Chaque blanc se positionne quelque part sur le spectre du noir.

Parallèlement, rien n’enlève au nouveau chalet qu’il a été fait avec soin, contrairement à celui que nous avons vendu. Le corollaire de cette affirmation est le suivant : l’acheteur, dans cette histoire, est un bricoleur, bien informé par mon mari de ce qui l’attend. D’ailleurs, comme je connais Denauzier, on ne sera pas sitôt installés qu’il va se rendre aider l’acheteur à stabiliser les fondations, les deux emplacements étant situés presque l’un à côté de l’autre.

Plus fondamentalement, et c’est à cet aspect que je comptais consacrer mon texte avant que de me laisser déporter par l’histoire du chalet, je me situe à un carrefour. Ce n’était pas le cas à pareille date l’an dernier, alors que je me remettais sans vraiment de difficulté d’une hémorragie cérébrale.

À droite du carrefour, je poursuis la correction de mes dix ans de textes. Eh oui, encore eux. À gauche, je poursuis simplement l’écriture au jour le jour, sans rien calculer, sans compte à rebours, en laissant tomber les corrections. Je ne plonge plus dans le passé, je ne me désespère plus d’avoir écrit telle insignifiance et, pire, telle stupidité. À droite, je souffre mais cette souffrance me permet de m’élever en apportant des améliorations à mon ancien matériel. À gauche, je vis, légère, profitant du temps présent et des années qu’il me reste. À droite, je me positionne dans un terreau connu, familier, celui de l’effort, de la persévérance, de la montagne sur les épaules. À gauche, j’ai presque envie d’avancer que le terreau m’est moins familier.

Autre montagne : les plates-bandes qui se multiplient. J’y vais de ce pas. Je reviendrai écrire ici les aboutissements de ma pensée quant au côté du carrefour que je désire emprunter.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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