Badouzienne 59

Triptyque 2022, matériaux mixtes

Faux. J’avais 60 ans lorsque je suis allée à Strasbourg avec chouchou. Nous avons pris l’avion en septembre 2019. Or, je suis née en 1959. D’où le calcul facile : 2019-1959 = 60. Je suis retournée visiter ma fille en décembre de la même année, et je suis revenue en janvier 2020, au même âge. Revenue sans voix tellement j’étais épuisée.

Quelque temps plus tard, en février 2020, Emmanuelle a visité Vienne et Prague lors d’une quelconque relâche scolaire. En mars, elle avait à peine regagné son appartement, à Strasbourg toujours, qu’on bloquait les activités dans de nombreux pays à cause de la pandémie. Ça fera donc bientôt deux ans que nous assistons à l’effilochement du tissu social. Je ne savais pas, bien entendu, il y a deux ans, que j’allais assister audit effilochement. Ce n’est pas tout le monde, en outre, qui estime y assister.

Je dirais que c’est depuis l’élection de Trump que je lis davantage les journaux, que je m’intéresse aux actualités. Je commence à penser que je ne devrais pas poursuivre dans cette voie. Pour accompagner mon café matinal, je devrais lire un ou deux chapitres de roman ou feuilleter des revues d’architecture. Je me rends compte, en effet, que les problèmes transmis par les médias sont là pour rester, que j’entretiens l’espoir d’une résolution de conflit à gauche, à droite, qui n’arrive pas, que je m’en fais pour rien.

Boris Johnson, par exemple, est toujours en poste malgré les partygate. Comme il a la réputation d’avoir l’entourloupette facile pour se sortir du pétrin, il va trouver une manière de demeurer premier ministre malgré les dissensions au sein de son parti. Ma première pulsion, quand je lis son nom dans le journal, et bien que je lui trouve une tête sympathique, est de désirer qu’il soit puni. La vengeance, l’oeil pour oeil. Vient ensuite la raison, ou le détachement, qui heureusement me rattrape(nt) : qu’est-ce que ça peut bien faire, m’entends-je me dire, que Boris profite de la vie en buvant de l’alcool quand le reste de la planète est confinée, dans la mesure où le reste de la planète n’est pas plus confiné que ne l’est pas Boris ! En parlant d’entourloupettes, ci-dessus… ! Il y aura toujours, autrement dit, et il y a toujours eu des Boris transgressant les lois. Suis-je en train de me laisser vieillir en resserrant ainsi mes perspectives ?

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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