Badouzienne 44

J’ai été embêtée par un quadrupède tout l’après-midi. Comme j’aimerais être capable de maîtriser le dessin ! J’ai tracé une patte arrière, puis l’autre, en frottant mes lignes de contour avec un linge mouillé aussitôt tracées pour les enlever. Trop inclinée la papatte, trop large, trop étroite, trop maigre, trop raide comme une barre. J’ai fini par réussir celles de l’arrière-train, mais j’ai peiné pour les pattes avant. Après quelques heures d’acharnement, j’arrive à un résultat inégal : celles de l’arrière sont passablement réalistes, mais celles du devant font davantage penser aux jambes d’une danseuse de ballet en équilibre sur ses pointes. Pauvres pattes avant !

Depuis que j’ai été opérée, je m’amuse à dire ça, à propos de tout et de rien. Pauvre Denis Coderre qui a perdu ses élections pour une deuxième fois de suite. Pauvre Timothée Chalamet auquel on trouve une ressemblance avec Éric Zemmour. Pauvre Daniel Chiasson, dans District 31, qui se fait rattraper par la génération plus jeune des individus gestionnaires et procéduriers.

À propos de Timothée, justement, nous sommes allés hier soir, avec des amis, voir le film Dune de Denis Villeneuve. Cela m’a changée d’Aline/Céline. Ce n’est habituellement pas mon type de film, ces pétarades d’explosions diverses, ces coups donnés par maints assaillants, ces blessures et ces décès au combat. Je navigue plus à mon aise dans les eaux de la romance. Je considère pourtant que j’ai aimé le film. Si ma fille, par exemple, me demandait de l’accompagner pour aller le voir parce qu’elle ne l’a pas encore vu, j’irais volontiers.

Les trois-quarts des scènes sont tournées en clair-obscur, entre chien et loup, dans la pénombre dedans comme dehors, alors c’est fatigant pour les yeux, d’autant qu’on dirait que tout, des décors, est gris, ou noir, ou brun… Des effets sonores amplifient aussi les déflagrations et les mouvements dévastateurs du sable dans le désert. Alors c’est aussi fatigant pour les oreilles.

J’ai noté une invraisemblance, ou du moins un danger pour Timothée, lors d’une bataille qu’il doit gagner pour convaincre les gens du désert de l’intégrer à leur groupe, ainsi que sa mère. La lame d’un couteau très aiguisé lui frôle le corps à plusieurs reprises, or notre ami Timothée n’y voit rien sous l’effet de certains rebonds et mouvements parce que ses cheveux trop longs lui tombent sur les yeux. Pour gagner ce type de combat de haut niveau, tous les sens sont sollicités et celui de la vue joue un rôle crucial. Je ne comprends pas que Denis Villeneuve ait laissé passer cette incongruité.

J’ai trouvé poétiques les longs voiles, de couleur taupe ou lin naturel, qui flottent au vent à l’occasion des scènes extérieures, portés sur des vêtements d’extraterrestres, de gladiateurs ou d’astronautes. Ils ont pour effet de protéger les protagonistes du vent violent et incessant.

J’ai trouvé désolant que l’histoire soit celle, millénaire, de guerres, d’affrontements, de conflits pour obtenir le pouvoir, pour régner, pour asservir les populations. Mais il semblerait que dans la deuxième partie de l’histoire, donc dans le film à venir qui complétera le premier, Timothée tentera d’installer des rapports différents entre les peuples afin qu’ils cessent de se tabasser. À suivre !

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée a été publiée dans Badouziennes. Mettre ce permalien en signet.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s