Badouzienne 43

Aujourd’hui je suis Calder.

La photo ci-contre ne rend pas justice à l’élégance de mon mobile. Je l’ai fabriqué en retirant leur couvercle à des fioles de médicament. J’ai déposé çà et là des taches de couleur acrylique sur les couvercles et j’ai déposé des bouts de fil brun sur le tout, dans l’espoir que le fil devienne prisonnier du plastique fondu car j’ai mis ma mixture au four. Emmanuelle a fait l’équivalent à la garderie quand elle avait quatre ans, sous la supervision de son éducatrice bien entendu. J’ai fait cette oeuvre ultime en ne cessant d’entendre des airs de Céline/Aline dans ma tête, je me demande bien pourquoi.

Ce soir, entre 18 et 20 heures, la bibliothèque est ouverte, mais je ne m’y rendrai pas parce que la température ne m’incite pas à mettre le nez dehors. Je voudrais aller vérifier si mon livre est bien à la vue dans la section des nouveautés. Je pensais, justement aujourd’hui, poster ce tome 1 à mon éditeur bien-aimé, pour qu’il découvre que je n’ai pas cessé de m’intéresser à l’écriture. Je n’aurai pas l’occasion de lui causer cette surprise puisque j’ai appris ce matin, dans le journal, qu’il est décédé. Il n’avait que 73 ans. J’hésitais. Je me disais que si je lui envoyais le bouquin, je lui créerais probablement une surprise, mais je savais qu’il n’aurait pas le temps de le lire. Je n’hésite plus.

C’est étrange parce que j’ai été pas mal plus surprise d’apprendre récemment le décès d’une ancienne compagne du Conservatoire, toujours dans le journal, que le décès de cet homme éditeur. Pourtant, il était nettement plus important dans ma vie que l’ancienne compagne. Cette dernière menait une vie saine en ce sens qu’elle ne buvait pas, ne se droguait pas et n’a jamais touché à une cigarette. Quand je l’ai connue, nous avions toutes les deux dix-huit ans, elle était végétarienne et m’avait fait découvrir les vertus du sarrasin dans son petit appartement plein de charme du Vieux-Québec. Mon éditeur, lui, fumait depuis toujours et parlait à l’occasion de l’éventualité d’être un jour atteint d’un cancer du poumon. Est-ce, d’ailleurs, ce dont il est décédé ? Est-ce la raison pour laquelle j’ai reçu l’annonce de son décès avec autant de détachement ?

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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