Badouzienne 39

La poésie des castors

J’arrive d’une semaine abitibienne. J’aime bien ça, finalement, ces visites que nous faisons aux amis et enfants de Denauzier. Malgré la longue route. À l’aller, prétextant ma récente hémorragie cérébrale, j’ai suggéré à mon mari que nous coupions le trajet en deux en passant une nuit à l’un des hôtels —Best Western— de Mont-Laurier. Le matelas était d’un confort relatif, le petit déjeuner pas mal minimal, et la fenêtre de la chambre donnait sur la –seule– route 117 très passante, mais j’ai très bien dormi et grandement apprécié l’expérience.

Pour le retour cependant, et nonobstant l’hémorragie, nous avons convenu de l’arrangement suivant : à ma demande, nous sommes restés une nuit de plus chez le fils, mais nous allions le lendemain faire la route d’une traite. La traite fut parsemée d’arrêts afin que mon mari puisse parler au téléphone et envoyer des courriels car notre déplacement était en partie professionnel en ce qui le concerne. Cela nous a pris dix heures, au final. La pire portion du trajet fut celle de la fin, dans les viraillages nombreux de Notre-Dame-de-la-Merci, à cause de l’état cahoteux de la chaussée.

La nuit de plus chez le fils s’est avérée l’idée du siècle parce que mon mari, se réveillant vaguement malade, a profité de la matinée pour récupérer, et moi pour lire L’âge des accidents, de Catherine Perrin, tandis que l’après-midi fut consacré au petit-fils avec lequel nous avons fait une longue promenade dans le bois, nous attardant, comme en atteste la photo, à la zone qu’affectionnent les castors à proximité d’un plan d’eau. Compte tenu de la hauteur de l’endroit qui est grugé tout autour du tronc, je dirais que les castors opèrent en position debout, s’appuyant sur les pattes arrière. Je dirais aussi qu’ils travaillent la nuit. Je dirais enfin, mais je suis loin d’en être certaine, que leur technique consiste à ne pas tout gruger afin de ne pas se faire écraser par l’arbre. Ils grugent et laisse la nature faire le reste. Ils ne sont pas pressés. S’il vente, ça doit aider. Le sujet m’intéresse tellement que j’ai fait imprimer l’article de Wikipédia qui décrit le castor du Canada, son mode de vie, son habitat, les bienfaits de son travail pour la nature, etc.

Au retour de notre promenade, j’avais faim et soif. Selon la formule du deux pour un, j’ai solutionné ce double problème en mangeant la chair et savourant le jus d’une pomme. Me voyant mastiquer et avaler le coeur du fruit, le petit-fils s’est exclamé, le regard inquiet, qu’il allait me pousser un pommier dans le ventre. Il s’est précipité vers le tiroir, dans la cuisine, où se trouvait le vide-pomme. Pour me montrer comment l’utiliser, il a sorti une autre pomme du frigo, a très bien réussi à l’évider, alors je l’ai mangée.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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