Badouzienne 28

J’ai fait le rêve le plus étrange, qui pourrait constituer, peut-être, une métaphore de ce que j’ai vécu ce dernier mois.

C’était la fin du monde. Je me trouvais dans un très grand appartement situé en hauteur, disons un quatrième étage. Peu à peu, il s’accumulait des gens dans les différentes pièces. Je comprenais que pour fuir le chaos, en ce sens qu’eau et terre s’entrechoquaient et rendaient impraticables les rues de la ville, chacun tentait de se refugier comme il le pouvait, où il le pouvait, et notamment là où j’étais. J’anticipais que contrairement à la dévastation extérieure qui allait s’amplifiant, le rythme à l’intérieur irait en s’apaisant.

Les réfugiés autour de moi, en effet, tentaient de se trouver un nid douillet pour quitter la vie délicatement, sans douleur, dans le calme. Ainsi, untel et untel, inconnus jusqu’alors, se collaient pour accéder ensemble, dans une sorte de communion, au repos final. Comme il manquait d’espace et de meubles, les gens s’installaient à même le sol, fermaient les yeux, s’enlaçaient, et c’en était presque fait de leur destin sur terre.

Bibi, ma soeur, était au nombre de ces gens qui avaient semble-t-il décidé que leur heure était arrivée. Je pensais que tel était aussi mon destin et je tentais de me trouver un quelqu’un qui allait vouloir quitter la vie collé sur moi et moi sur lui. Ce quelqu’un se présentait en la personne d’un tout jeune garçon. Or, après avoir passé quelques minutes à tenter de trouver une position confortable et pour l’enfant et pour moi, je me rendais compte que ça ne se passait pas dans mon cas aussi bien que dans celui de ma soeur, qui était déjà morte.

Alors je me relevais et j’arpentais les pièces non sans jeter un coup d’oeil dehors de temps en temps. La furie climatique n’avait rien perdu de sa force.
– Probablement, me disais-je, que je ne suis pas tout à fait prête à trépasser, je réessaierai plus tard.
Me disant cela, je changeais de pièce et tombais nez à nez sur Denauzier qui était assis avec d’autres autour d’une table. Je me dirigeais vers lui. Une chaise, miraculeusement, était libre, je m’y asseyais. Soudain, sans rien voir venir de mes propres élans ni des siens, nous nous embrassions avec passion, mus par un désir sexuel d’une vitalité incroyable.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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