Badouzienne 19

Verdure torontoise

Je suis en train de relire les textes rererecorrigés de mon tome 1, écrits entre 2011 et 2012. Un collaborateur au prénom latin, Ludovicus, mais je l’appelle Ludo, en a fait la révision et la mise en pages. Il a éliminé des lourdeurs, a retravaillé la formulation afin que mes idées soient mieux ordonnées par rapport au temps, en ce sens que j’ai tendance à faire des allers et retours entre ce que je suis en train de relater, ce qui s’est produit antérieurement, ce qui se déroule parallèlement, quand ce n’est pas ce qui arrivera, postérieurement. Tout cela, comme en témoigne ce qui précède, au sein d’une même longue phrase !

Cela devient mélangeant pour le pauvre lecteur. Mais j’ai tellement peu de lecteurs, en fait, qu’ils sont bien peu nombreux à souffrir. J’en ai encore perdu deux, à ne publier presque rien, ils doivent se dire qu’un abonnement à un site sur lequel il ne se passe pas grand-chose n’est pas ce qu’il y a de plus captivant.

Toujours est-il que je relis mes pages et que je savoure ce que j’y lis. L’écriture y est nettement resserrée, exit les relâchements. À ma grande surprise, je me gargarise de mes agencements de mots, de mon aptitude à rebondir constamment et à aboutir à des finales que je trouve drôles, amusantes, sémillantes. Je m’aime à travers mes textes, quelle révolution ! Je découvre une voix unique, débordante de vie.

Je ne peux pas m’empêcher de me demander, bien sûr, si je vais continuer d’être capable d’écrire comme je l’ai fait, pour un ensemble de raisons parmi lesquelles je ne mentionnerai que l’âge.

J’essaie d’être vigilante parce que Ludo me suggère des modifications qui ne font pas toujours mon affaire, alors grâce à lui je me pratique à dire non.
– Non, je ne désire pas cette modification, on garde ma formulation.
– Non, je ne désire pas utiliser ce mot (tirebouchonner) que je pense n’avoir jamais utilisé de ma vie.
– Bien justement, avance Ludo, ça constitue un ajout, un mot nouveau, un plus à ton vocabulaire ?
– Non.
Je répète ce non sans ressentir le moindre besoin de me justifier. On peut aller à Rome, de toute façon, quand on se lance dans les justifications, or je ne désire pas aller à Rome. Je reste concentrée dans la talle de mes connaissances et des capacités, peut-être réduites mais quand même existantes, que me procure mon talent. Ça peut s’avérer important, dans certaines circonstances, de dire Non, même s’il s’agit d’un mot que je trouve éteignoir.

Je me rends compte à quel point il est facile, n’écrivant pas, de vivre sans ressentir le besoin d’écrire, et combien il est exigeant, affrontant l’exercice d’écrire, d’écrire.

Août ne me permettra guère d’être soutenue dans cet exercice, nous avons toutes sortes de déplacements au programme. Nous irons en Abitibi et l’Abitibi viendra jusqu’à nous, nous jouerons notre rôle de grands-parents au chalet dans le bois auprès des petits, et ceci, et cela. Nous serons en Gaspésie la première moitié de septembre. Je me souhaite de pouvoir m’y remettre à l’automne. Ce retour vendémiaire dans les pantoufles de la pratique régulière sera vécu avec, en arrière-plan, les corrections des neuf autres tomes… Je ne sais pas si je vais y arriver, je l’espère.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée a été publiée dans Badouziennes. Mettre ce permalien en signet.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s