Jour 4

Si je veux réussir ma grande finale, je dois m’organiser en conséquence et écrire cette semaine, pendant notre escapade, mes quatre textes restants. La grande finale est une idée de ma fille, qui profite de mille occasions pour créer des événements dégustatifs, voire gastronomiques. Si je reviens à la maison, disons samedi prochain, et que mon Jour 1 est écrit, elle aura acheté des pétoncles, de quoi préparer une fondue au chocolat, une bouteille de mousseux, et nous célébrerons à trois, avec Denauzier. Et même à quatre, avec Mia. Je ne sais pas de quelle manière elle désire préparer les pétoncles, j’en ai très rarement mangé dans ma vie, peut-être simplement sautés au beurre ? Nous célébrerons et notre retour de la Côte-Nord –ici je mets la charrue devant les boeufs car notre escapade vient à peine de commencer– et la fin du défi du blogue qui aura duré dix ans.

Pour l’instant, nous sommes mon mari et moi dans le village de Tadoussac, sous un ciel gris, par un temps venteux. Le village bien entendu, en cette période non estivale, dans le contexte de la Covid, et par un temps pareil, est parfaitement désert. Notre chambre, comme je l’avais annoncé dans un texte précédent, est modeste mais néanmoins pourvue d’une petite table sur laquelle nous travaillons en ce moment tous les deux devant notre ordinateur respectif, mon mari pour le suivi de ses affaires professionnelles, et moi pour faire en sorte qu’un texte supplémentaire réside dans la catégorie des « écrits » et non des « à écrire ».

Ce matin, je lisais le Devoir sur mon téléphone, confortablement installée sur le canapé, sirotant mon café, lorsque mon mari m’a fait savoir que je pourrais toujours lire mon journal dans le camion pendant qu’il conduirait.
– Dommage, ai-je pensé, car mon article était intéressant qui portait sur les vaccins.
Je savais que je ne lirais pas dans le véhicule car cela me donne mal au coeur. J’ai tenté de me dépêcher et nous avons quitté la maison aux alentours de 11 heures. Nous sommes arrivés à notre chambre aux environs de 18 heures, en incluant le temps d’attente du traversier, et le temps de faire quelques courses à Québec et à Portneuf.

L’article que je lisais ce matin expliquait que la lenteur de la France dans la course aux vaccins aurait pour origine une malsaine compétition entre deux chercheurs dont aucun n’aurait voulu céder. L’orgueil. D’autres articles que j’ai lus suggèrent aussi que la mauvaise réputation de l’AstraZeneca pourrait être associée à l’origine suédo-britannique de ce vaccin, en ce sens que les Européens ne digèrent pas que l’Angleterre se soit retirée de l’Union européenne. La vengeance, la rancoeur, le règlement de compte. J’ai lu enfin que des chercheurs chinois haut placés ont laissé entendre que les vaccins fabriqués dans leur pays seraient assez peu efficaces, à disons seulement 50%. L’appât du gain. Ces lectures m’aident à préciser le sentiment qui m’habite par rapport à la vaccination : elle va peut-être aider à résorber l’ampleur de la pandémie, à cet égard je me suis fait vacciner pour participer à l’effort collectif, mais elle ne produira pas de miracles. Le miracle, s’il devait y en avoir un, serait que les hommes soient solidaires et égaux au service d’une cause commune.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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