Jour 12

J’ai commencé à me demander de quelle manière je voudrais intituler mes textes, à partir du Jour 1. J’ai d’abord envisagé un système compliqué que je ne retiendrai pas, qui est le suivant : en respectant l’ordre alphabétique, j’attribuerais au texte du jour un mot que j’aime, assorti d’une numérotation croissante. Le texte qui suivrait le Jour 1, par exemple, s’intitulerait Archipel 1, parce que j’aime le mot Archipel. Et le texte suivant pourrait être Bardasser 2, et ensuite Cahin-caha 3, ou Clopin-clopant 3, etc.

Je n’irai pas dans cette voie parce que je passerais trop de temps à chercher des mots que j’aime, avant même que d’avoir entamé le texte, et parce que, d’un texte à l’autre, je ressentirais peut-être le besoin de spécifier si c’est le mot en tant qu’élément sonore que j’aime, ou ce qu’il signifie, ou encore ce qu’il évoque dans mon imaginaire.

Archipel, ici, est un mot qui me plaît par ce qu’il signifie, une grappe d’îles auxquelles j’associe un ciel bleu et une eau turquoise, du sable blanc et la chaleur du soleil qui me caresse le dos juste assez, sous une brise légère. Je porte un bikini, moi qui n’en ai que très peu porté dans ma vie, pour laisser mon corps profiter de la température exquise, dans un environnement qui l’est tout autant, pendant qu’il en est encore temps, c’est-à-dire pendant que mon corps est encore capable de voyager, d’une part, et pendant que la nature nous offre encore ses beautés, d’autre part, en ce sens que je n’exclus pas la possibilité qu’elle ne soit plus en mesure de le faire un jour.

Bardasser est un mot dont j’aime la sonorité, et le sens, et la couleur locale, je veux dire québécoise.
– Veux-tu bien me dire qu’est-ce que tu as à tant bardasser ?, pourrais-je avoir envie de formuler à une personne qui s’agite. Je ne lui demanderais pas, autrement dit :
– Pourquoi t’agites-tu ainsi ?
Quand on bardasse, à mes oreilles, c’est que ça y va par là, ça déménage davantage que dans la seule agitation.

Cahin-caha c’est un peu moi dans le cheminement courant de ma vie. J’arrive cahin-caha à finir mon casse-tête, même s’il m’a fallu y mettre le double du temps qu’y mettrait une autre personne, une personne normale, aurais-je envie d’écrire, une personne qui ne rame pas constamment contre le courant. Clopin-clopant c’est moi aussi, dans la manière même dont s’effectue mon cheminement. Il s’effectue couci-couça, parfois bien, parfois moins bien, la plupart du temps moyennant une approche approximative et non préalablement définie. Mon cheminement me mène là où j’aboutis et je m’en accommode, en tout cas je ne me dis pas qu’il faudrait que je m’y prenne d’une manière mieux organisée, basée sur une meilleure planification.

Cahin-caha, je ne sais pas pourquoi, ça me fait penser à papa. Ses affaires professionnelles se sont déroulées, somme toute, cahin-caha. Il a réussi à gagner sa vie en s’appuyant sur des décisions couci-couça. Cela a donné des résultats cahin-caha, desquels, toutefois, il a su tirer le meilleur. Ce clopin-clopantisme ne l’a jamais empêché d’être heureux et de formuler quotidiennement qu’il vivait ni plus ni moins au paradis, tellement son environnement lui plaisait. En cela, je pense être papa.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée a été publiée dans 2 200 textes en 10 ans. Mettre ce permalien en signet.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s