Jours 14 et 13

Les amis, tout n’est pas perdu. Je commence à penser que je vais en venir à bout du casse-tête. S’en faire autant pour si peu, me direz-vous. J’ai réussi ce matin à réassembler la bordure supérieure qui comportait des erreurs. J’ai réussi à la refaire, sans m’être dit au préalable que j’allais la refaire. De la sorte, la bordure s’est faite toute seule, d’elle-même, par l’intermédiaire de mes mains, mais pas de mon cerveau. C’est une formule gagnante.

Je me suis réveillée en entendant des bruits de frottements sur les murs de notre entrée au toit cathédrale. Mon mari chéri était en train de les laver, juché sur un escabeau, une vadrouille au manche télescopique entre les mains. Son action a eu pour effet, essentiellement, d’étendre la suie de manière plus uniforme. Ce n’est pas qu’il n’a pas assez frotté, c’est que la suie s’est incrustée. Les masses noirâtres, sur un fond de vieille peinture de couleur coquille d’oeuf, sont encore visibles mais estompées.

Mes lecteurs vont penser que j’exagère, avec les masses noirâtres, mais je n’exagère pas. Une fois que, un, j’aurai terminé le casse-tête, deux, le week-end de Pâques sera derrière nous, trois, mon blogue sera terminé, quatre, mon plan de match pour la correction de mes innombrables textes déterminé, cinq, ma toile en chantier achevée, et moyennant que je m’accorde quelques minutes de calme et d’immobilité pour respirer, il est possible que je contacte un peintre et que je lui demande de tout couvrir en blanc pour faire entrer un maximum de lumière à cet endroit de la maison.

Sur un fond blanc, cependant, les toiles seront moins confortablement installées, moins douillettement enveloppées, que sur un fond de couleur foncée. J’y verrai en temps et lieu. Comprendre : je me casserai la tête, quant à la couleur, à une date ultérieure. La difficulté, à cette étape éventuelle de mes projets, sera de résister à la tentation de tout vouloir faire repeindre des pièces du rez-de-chaussée.

Un ami d’Emmanuelle m’a prêté un livre qui s’intitule Novecento : pianiste.
– Aimerais-tu lire ce livre ?, m’a-t-il demandé en m’indiquant, d’un mouvement du bras, qu’il était déposé sur la table derrière nous.
Je me suis dirigée vers la table et j’ai constaté que le livre était une plaquette mince. Je me suis empressée de répondre par l’affirmative. D’où il ressort que ce n’est pas la qualité d’une oeuvre qui justifie mon acquiescement, mais l’effort qui s’y rattache !
– Pourquoi me proposes-tu de lire ce livre ?, ai-je néanmoins demandé à l’ami.
– Parce qu’il me fait penser à toi, a-t-il répondu. Le personnage principal est un pianiste, a-t-il ajouté.
L’ami sait fort bien que je ne suis pas pianiste, alors autant dire que sa réponse est enrobée de mystère. Je vais certainement m’arranger pour le dissiper, à un moment donné !

J’en ai lu une cinquantaine de pages hier soir au lit. Je suis déçue parce que c’est traduit en argot, mais je suis quand même curieuse de me rendre jusqu’au bout de cette histoire particulière, qui est celle d’un homme né sur un paquebot et qui choisit de ne jamais le quitter. Il ne profite d’aucune escale pour aller fouler le sol de la planète. J’ai l’impression que ça finit mal, par exemple.

Novecento constitue un intermède dans mon programme de lecture en cours, qui gravite autour de Hollywood de Marc Séguin, d’une biographie d’Alain Bashung, et d’un texte à tendance psycho/philosophique que m’a prêté une amie, Les quatre accords toltèques. J’ai lu le premier accord, qui consiste à refuser de mentir. Et écrivant ces mots, le refus de mentir, je pense au film que nous avons vu récemment, mon mari et moi, qui s’intitule Une vie fantastique.

Décidément, je suis en feu, ce doit être parce que je sens que je vais finir le casse-tête ! Je viens d’enchaîner, dans le paragraphe précédent, suffisamment d’éléments pour me rendre jusqu’à la fin de mon blogue ! Cela sans compter que je n’ai pas encore fait allusion à la fin de mon texte précédent, Jour 15, dans laquelle je confonds confiance en soi et vie à contre-courant…

Je vais tenter ici quelques développements, puisqu’il est bien connu qu’il faut battre le fer pendant qu’il est chaud.

J’avais fait allusion au style elliptique de Marc Séguin, et même pratiqué son style dans un de mes textes, en multipliant les phrases incomplètes, les phrases d’un mot ou deux, des phrases comme autant de coups de masse. Paf. J’ai acheté Hollywood –encore ici parce que le livre est mince–, mais je n’y retrouve pas l’effet que m’avait fait Les repentirs. Cela étant, je pense que je pourrais affirmer la même chose, avoir lu Hollywood avant, et Les repentirs après. Le livre me replonge dans un monde masculin, intransigeant d’intensité, de force virile, et je dirais que cela ne me convient pas en ce moment.

En ce qui a trait à la biographie d’Alain Bashung, il faut savoir que, parallèlement à cette lecture, j’essaie d’écouter ses chansons dans ma voiture, pour découvrir l’homme et l’artiste à travers non seulement le récit de sa vie, mais d’abord et surtout ses compositions. Mais je trouve ça difficile ! Je me rends compte que je connaissais trois de ses chansons, sans savoir qu’elles étaient siennes : Osez Joséphine, La nuit je mens, Vertige de l’amour. J’apprends à apprivoiser les autres tranquillement, en alternant les trois CD que j’ai achetés qui étaient vendus dans un même boîtier.
– Ça va faire, m’entends-je me dire à l’occasion, quand l’effort pour absorber paroles et musique s’avère trop grand.
Mais j’y reviens. Lundi dernier, le deuxième CD m’a accompagnée tout le temps de mon retour à la maison, j’arrivais de Montréal.

En ce qui a trait aux accords toltèques, et au fait qu’il y est question du mensonge, ou plutôt de l’encouragement à ne pas le pratiquer, je fais un lien avec Captain Fantastic, titre de la version originale du film, parce qu’une scène –que j’ai savourée– nous montre un père qui refuse de mentir à ses six enfants. Ils vivent dans la forêt, coupés de la civilisation. La mère est décédée. Le développement des enfants s’avère autant physique qu’intellectuel, et d’un côté comme de l’autre, ils sont nettement plus avancés que les enfants qui fréquentent l’école.

Pour ce qui est, maintenant, du manque de confiance en moi et de mon tempérament à contre-courant, ce sera peut-être à suivre dans un texte à venir. Peut-être pas. Il ne m’en reste que douze…

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée a été publiée dans 2 200 textes en 10 ans. Mettre ce permalien en signet.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s