Jour 19

À 19 ans, je me suis fait opérer à l’Hôtel-Dieu de Québec, ablation de l’ovaire droit. Cela ne m’a pas empêchée par la suite d’avoir des règles régulières à tous les mois et de donner naissance à ma fille à 37 ans. Des amies me trouvaient chanceuse parce qu’elles pensaient, à tort, qu’en n’ayant qu’un ovaire, je n’avais des règles qu’un mois sur deux. Je suis chanceuse, cela étant, d’avoir donné naissance, de n’avoir eu aucun autre problème par la suite du côté de mon système reproducteur, et de n’avoir jamais souffert de règles douloureuses.

C’était ma deuxième chirurgie en deux ans, puisque je me suis fait enlever les amygdales à 17 ans, toujours à Québec, où j’avais élu domicile pour mes études au Conservatoire. Cette opération avait eu lieu dans un autre hôpital, peut-être St-Sacrement. Élire domicile est ici une expression un peu pompeuse, quand on sait que, n’étant pas encore majeure, mon père avait exigé que j’habite au sein d’une famille, à Ste-Foy, où je disposais, à l’étage d’un bungalow construit en split level, d’une petite chambre étroite. Cela a fait en sorte que j’ai passé beaucoup de temps dans l’autobus numéro 11 qui me transportait de la maison au Grand Théâtre, du Grand Théâtre à la maison, beaucoup de temps à rêvasser.

Entre 19 et 17, bien sûr il y a 18 ans. Devenant majeure, j’ai déménagé pour me rapprocher de mon lieu d’études. Je me suis installée dans une petite chambre, miteuse mais tout équipée, rue St-Jean. Je n’avais qu’à monter la rue Turnbull à pied pour atteindre le Grand Théâtre, qui héberge le Conservatoire. La rue est tellement en pente que le trottoir comporte trois marches assorties d’une rampe, à mi-parcours. Très vite mon voisin de palier, il s’appelait Denis et habitait avec sa soeur, est devenu mon ami. Il me préparait des repas régulièrement, ayant découvert que je ne connaissais rien en cuisine. Il était gay, fumait comme un engin, portait une moustachette et était terriblement nerveux.

16 ans est l’âge qui m’a vue me saouler, sans m’en rendre compte, pour la seule fois de ma vie. C’était à l’occasion d’un événement de type vin et fromage. Avec qui étais-je, parlais-je ? Je ne me rappelle de presque rien, sinon qu’au moment de sortir de la salle j’ai perdu l’équilibre et je me suis retenue à des cintres qui pendaient sur une tringle métallique. J’entends encore les cling cling des cintres entre eux. J’ai été malade pendant un bon 24 heures, et il m’a fallu deux ou trois jours avant de revenir à la normale. Je n’ai peut-être pas bu tant que ça, ou alors j’aurai bu excessivement, du vin j’imagine, dans une coupe transparente en plastique ?

Rien de notable ne me revient en mémoire pour mes 15, 14 et 13 ans. Je ne pourrais pas avancer que tel événement s’est produit quand j’avais 15 ans, et tel autre quand j’en avais 14. Mes souvenirs sont enchevêtrés dans le magma confus de mon adolescence. Je me rappelle cependant qu’à 12 ans je suis allée avec mon oncle Guy, ma grand-mère, mes frères et ma soeur, au Salon de l’auto. Je portais un manteau de longueur dite maxi d’un beau rouge corail. Une dame, peut-être la guichetière, avait mentionné qu’il fallait être âgé de quinze ans pour avoir accès à je ne sais trop quoi, et je m’étais fait la remarque qu’elle pensait peut-être que j’avais quinze ans.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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