Jour 26

Je suis l’illustre personnage, ai-je écrit hier, d’un livre magnifique publié en un seul exemplaire. Il est l’idée de ma fille. Elle a fait faire un album qui regroupe des photos de nos voyages en Europe. Elle me l’a offert hier en avance, en ce sens que c’est mon cadeau d’anniversaire pour les 62 ans que j’aurai au début d’avril.

Sur la page couverture, j’apparais en gros plan, protégée du soleil par les feuilles d’un platane ou d’un marronnier. Mon sourire est juste assez esquissé pour contrebalancer la légère déviation de mon os nasal. En d’autres mots, les muscles qui sont en action, sous ma peau, pour permettre au sourire de s’esquisser, ont pour effet secondaire de positionner l’extrémité de mon nez dans le sens inverse de sa déviation. Cela m’avantage, bien entendu.

Ma peau est certes couverte de taches brunes plus ou moins visibles, mais celles-ci sont atténuées par le beau hâle que j’arbore. Ma frange, sur le front, est juste assez courte. La couleur de ma veste orange se marie bien avec les couleurs chaudes de l’arrière-plan. Je suis une Lynda qui me plaît.
– Cette Lynda-là existe, me suis-je dit dans ma tête.
Dorénavant, je dispose de cette magnifique couverture pour m’aider à m’en rappeler.

Je porte à l’occasion sur les photos, au fil des pages, quand ce n’est pas chouchou, le béret rose framboise qui m’a été donné par mon amie Estelle, et sans lequel je suis repartie de Strasbourg afin que ma fille puisse en profiter.

Dans notre salle de bain, ici à St-Jean-de-Matha, se trouve d’ailleurs encadré au format 8½X11 un gros plan de chouchou qui porte ce même couvre-chef, placé un peu de travers sur le crâne, les traits tirés par la fatigue. Nous arrivions cette fois-là d’une longue expédition parisienne qui nous avait obligées à marcher énormément car il y avait grève des transports publics. On aurait pu choisir d’utiliser plus souvent les services d’Uber, qui n’étaient pas très coûteux, mais notre tempérament spartiate nous incitait à ne pas contourner les conditions qui sévissaient dans la ville. Il y avait grève, alors nous allions marcher, nous disions-nous sans nous le dire.

Sur une photo qui me voit donner des pièces à un musicien de rue, je reviens au livre, je suis protégée du froid, c’était à Paris sur le bord de la Seine, par le grand châle de ma fille. C’est elle qui le porte sur d’autres photos où nous longeons les murs de pierre qui bloquaient le vent.

Nous ne quittions pas notre chambre, le matin, sans avoir appliqué généreusement de la couleur sur nos lèvres. Paris nous a connues les lèvres bourgogne, et Barcelone les lèvres très rose. Strasbourg nous a inspiré un rouge cuivré.

Les Pays-Bas, où nous sommes allées à l’automne 2019, sont représentés dans l’album par une excentricité à la Lynda, à savoir en page de gauche, en gros plan, les cheveux noirs et tressés de notre hôtesse, et en page de droite les cheveux tressés, de couleur mordorée, de chouchou. Étude de tresses, donc, à la station balnéaire de Knokke-Heist.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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