Jour 36

Il n’y a pas que les magasins de vêtements de sport qui nous confrontent à des décisions compartimentées, il y a aussi les institutions bancaires. Nous en avons fait l’expérience mon mari et moi la semaine dernière, alors que nous envisagions la création d’un compte conjoint. On le savait, pourtant, mais on l’avait oublié.
– On n’a qu’à téléphoner, m’a dit mon mari. Ça ne se peut pas qu’on soit obligé de se déplacer pour quelque chose d’aussi élémentaire, on est tous les deux déjà membres de la Caisse.
Je me doutais que ce ne serait pas aussi facile.
– D’accord, je vais téléphoner pour voir, ai-je répondu.
– Il faut prendre un rendez-vous, ai-je dit à mon mari au terme de mon appel. Ce sera demain à 13 heures (non pas dans notre village mais dans un village voisin).

Une jeune fille gracile comme un long brin d’herbe courbé par un vent délicat, notre conseillère désignée en la matière, vint nous chercher à l’accueil où nous l’attendions, ce lendemain. Elle connaissait son travail à la perfection. Imprimer le contrat une fois le compte créé, le signer là, là. Elle connaissait mieux son travail que nous nos besoins :
– Vous pensez effectuer combien de transactions par mois ?, a-t-elle voulu vérifier, afin de nous orienter vers la formule la mieux adaptée à nos besoins, en nous décrivant l’option économique, avant d’aborder l’option intermédiaire.
Mon mari et moi nous sommes regardés, incapables de répondre.
– La formule économique ne permet pas beaucoup de transactions, a commencé mon mari.
– Et celle qui est en permet plus entraîne des coûts mensuels pas mal élevés, ai-je complété.

Finalement, la compartimentation de Desjardins nous a rendu service parce qu’elle nous a fait changer d’idée. Voici comment. La jolie brindille nous a informés qu’elle ne pouvait effectuer une opération supplémentaire qui nous semblait aller de soi. Il fallait rencontrer quelqu’un d’autre.
– Mais je peux téléphoner pour vous !, a-t-elle proposé, en faisant référence à la prise de rendez-vous avec le quelqu’un d’autre.
Nous avons acquiescé à cette proposition à défaut de savoir quoi faire.
– C’est quand même pas mal lourd comme manière de procéder, nous sommes-nous bornés à conclure en retournant vers notre véhicule.

Nous avons donc reçu un autre appel le lendemain, de la conseillère spécialiste de cet autre compartiment de Desjardins qui allait concrétiser ce qui nous semblait aller de soi. En fait, ce n’est pas la conseillère qui nous a téléphoné, mais son adjoint, un jeune homme très gentil, et très jeune, qui avait pour tâche de nous informer que notre demande s’avérait malheureusement impossible à concrétiser, une petite technicalité ne pouvant être contournée. Le rôle du jeune homme consistait aussi à nous rassurer, en ceci qu’il était quand même possible de parler à la conseillère spécialisée, si jamais on maintenait l’espoir de procéder comme on l’avait envisagé. Des avenues pourraient peut-être être étudiées.

– C’est parfait !, avons-nous conclu au terme de cet appel. On va continuer de s’arranger entre nous, à la bonne franquette !

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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