Jour 40

Pendant dix ans, j’aurai donc entretenu une certaine régularité en publiant quotidiennement sur mon blogue. Dans les premières années, je publiais du lundi au vendredi, les jours travaillés. Avec la retraite, je me suis mise à moduler cette quotidienneté, en écrivant deux ou trois textes d’un coup pour compenser les jours de non-écriture, etc.

Mon compteur m’indique qu’il me reste 67 jours d’ici la fin de mon défi, pour produire 40 textes. Je ne peux pas trop trop niaiser.

C’est beaucoup plus facile, en tout cas, écrire ainsi tous les jours de semaine que m’entraîner, qu’exiger de mon corps un effort physique. C’est confortable, être assise, les pieds au chaud si je décide d’allumer ma chaufferette, sur ma chaise de cuir à roulettes, dans mon grand bureau fenestré. C’est forçant, suer dans les côtes en raquettes, patiner contre le vent sur la rivière, marcher d’un bon pas sans prendre la peine de m’arrêter pour me moucher.

Cela fait du bien d’écrire, mais ce n’est pas la même sorte de bien que celle que procure l’exercice. De la fourmi et de la cigale, je suis davantage fourmi. Écrire ou peindre sont en effet des manières de créer qui se cumulent, qui se thésaurisent, qui deviennent éléments d’une collection. S’entraîner, ça se perd comme le vent, c’est le chant de la cigale, c’est toujours à recommencer. C’est comme la musique, le son qui vibre dans l’air. Une fois qu’ils ont fini de vibrer, les sons ne s’accumulent pas sur une tablette. Je ne peux pas les mettre dans une boîte, comme des lettres, et les consulter quand ça me tente.

Je vais avoir plus de temps, quand je n’aurai plus mon texte du jour à écrire, pour aller dehors faire de la raquette le matin avec mon amie, par exemple. Je ne sais pas, cependant, si cela va me tenter. Le fait que ça me tente ou non ne devrait pas entrer en ligne de compte. Je devrais aller faire de l’exercice, point final. C’est ce que je me souhaite. Or, écrire que je me souhaite d’être active physiquement, c’est informer mes lecteurs que je ne prends pas la décision d’être active, je me laisse dépendre de mes humeurs, des événements, dans un état assez peu volontaire. On verra, dans le temps comme dans le temps.

J’ai déjà laissé entendre que je voulais reprendre mes textes à partir du début et les agrémenter, les commenter, leur donner une valeur ajoutée, les mettre au goût du jour. Ce n’est pas tellement réaliste, cela représente trop de mots à lire pour le lecteur –1000 ou 2 X 500– dans une approche comparative qui n’intéresse pas tout le monde.

J’ai corrigé les textes de la première année et cela a exigé une bonne quantité d’heures. C’était désespérant, aussi, de constater que j’écrivais si mal. Ce sera un énorme effort de seulement corriger les textes des neuf années restantes. Je ne mettrai donc pas la charrue avant les boeufs en annonçant d’ores et déjà mon projet de m’y prendre comme Montaigne qui fignolait constamment ses textes.

En résumé, que j’arrange ça n’importe comment, j’ai du pain sur la planche, c’est ce qui m’importe. Je pense qu’il faudrait, même si ça fait prétentieux, que je pense un peu à ma postérité, quand même, et que je consigne quelque part, d’une manière ou d’une autre, une sélection, peut-être, de mes meilleurs textes.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée a été publiée dans 2 200 textes en 10 ans. Mettre ce permalien en signet.

2 réponses à Jour 40

  1. Lyse Latraverse dit :

    Bonjour Linda,
    Tu devrais faire un livre ou recueil avec tout tes textes. Je trouve que cela se lit bien.
    J’aimerais relire tes textes qui portaient sur des fantasmes sexuels que j’ai trouvé très ingénieux. J’aimerais pouvoir les faire lire à mes amies mais je ne me rappelle plus les numéros de ces textes. Je crois qu’il y en avait 2. Peux-tu me dire où je pourrais les retrouver.J’ai beaucoup aimé aussi ta période où tes personnages décidaient pour toi.
    Merci d’écrire,
    Lyse Latravers

    J’aime

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