Jour 42

Je suis fière de moi, je suis allée marcher en raquettes ce matin à 10:30, moi qui ne sors le matin que lorsque j’y suis obligée. Ma voisine m’a appelée et je n’ai pu résister.

Fière de moi aussi parce que j’ai lancé une invitation à mon cousin, nous allons faire un travail d’équipe. Je vais lui faire parvenir des photos et il va les regrouper en une mosaïque dans Photoshop, mosaïque que je vais faire imprimer ensuite en grand format. Les photos sont celles de la collection que j’ai constituée pendant le confinement de mars 2020 et les mois suivants. Elles ont toutes été captées lors d’un moment de conversation Facetime avec chouchou et aussi avec d’autres personnes. Plusieurs sont floues, j’adore ça. Je vais aussi inclure des photos rigolotes pour égayer l’ensemble, pour casser l’effet répétitif de la série. Une photo me plaît en particulier, celle qui nous voit trois interlocuteurs tous habillés en gris pâle, par hasard, sans nous être concertés. Une coïncidence identique s’était produite dans l’univers précovidien, nous étions encore là trois personnes à nous rencontrer dans un restaurant, toutes habillées de couleur bourgogne. Pour en garder un souvenir, j’avais demandé au serveur de nous prendre en photo et nous nous étions tassés, mon oncle, mon cousin et moi sur la même banquette pour apparaître tous les trois de face. Il s’agit du cousin qui va photoshopper mon projet facetimien.

Fière aussi parce que j’ai trouvé une manière originale de nous faire manger les saucisses de Toulouse, ce soir. J’ai fait sauter des pommes McIntosh, en accompagnement, et à la place du riz, dans l’assiette, je nous ai déposé une belle cuillérée de pouding au riz à peine sucré avec du miel de sarrasin que j’avais préalablement fait chauffer au micro-ondes. C’était délicieux. Comme je l’ai écrit précédemment, mon mari n’en est plus à une surprise près au moment des repas.

Plus que fière parce que j’ai donné la facture finale au pied qui a émergé de la copie que je tentais de faire d’une nature morte, si on peut dire ça, de Calder. Maintenant, la toile est à mon goût. Elle habite pour l’instant dans la salle de bain qui n’est pas bien éclairée. J’ai ajouté des détails aux orteils, des décorations de type tatouage qui rendent cette partie anatomique plus vivante. Dans le film Incendies, le personnage violeur se fait tatouer des points noirs au talon, trois verticalement, si je me rappelle bien. Sur ma toile, les orteils reçoivent de la même manière des points blancs sur une peau très rouge.

Moins fière de moi je suis parce que je voulais prendre la journée pour regrouper mes papiers pour la production du rapport d’impôt. Ce sera peut-être demain mardi. Mercredi il est possible que je me rende patiner sur la rivière, à Joliette. Jeudi, je voudrais entamer une nouvelle toile qui recevra de larges masses sur lesquelles je voudrais créer un effet de voile, comme si les masses apparaissaient à travers un rideau plein jour. Mais puisque l’exercice de copie de Calder a donné naissance à des orteils, il est probable qu’une autre étrangeté, inimaginable au moment où j’écris ces lignes, ne vienne se greffer à ce projet de masses voilées.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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