Jour 47

En critiquant ma manière de m’y prendre, certaines personnes m’ont traitée durement quand je me suis séparée de Jacques-Yvan. C’était en 2007. J’aurais eu envie de leur répondre que je m’y prenais comme je le pouvais, mais quand il s’agit de m’adresser à une personne qui est susceptible d’enfoncer le clou plutôt que de s’excuser d’être allée chercher le marteau, je préfère me taire. J’ai probablement intégré le précepte de papa, au fil des années, à l’effet que « Toute vérité n’est pas bonne à dire ». Je n’avais pas à me justifier, de toute façon. J’avais déjà bien assez de mal à m’y retrouver moi-même, il n’était nul besoin que je me soucie par-dessus le marché de la réaction des autres. En outre, je n’avais pas encore découvert, à travers Béatrice Martin, que s’exprimer sur un sentier pavé d’émotivité n’est pas une faiblesse mais bien une force !

Je me rends compte avec le recul que je me suis séparée de Jacques-Yvan selon un plan de match que j’ai respecté, qui ne s’est pas transformé en cours de route, alors qu’il aurait dû l’être, or j’étais aveugle quant à la possibilité qu’il le soit. Je suis donc partie de notre maison familiale, je me suis installée dans un appartement situé à quelques rues, de telle sorte que chouchou passait d’un endroit à l’autre dans un minimum de complication pour elle. Je pensais qu’en m’absentant de lui, Jacques-Yvan allait avoir envie qu’on se rapproche à mon retour, qu’on développe des manières de créer entre nous de la connivence, comme autrefois. Je me séparais, en fin de compte, pour mieux me rapprocher.

Or Jacques-Yvan, bien entendu, n’a pas interprété les choses de la même manière et j’en ai été la première surprise. Je suis retournée habiter à la maison familiale en réalisant, à peine venais-je de la réintégrer, que je n’y avais plus ma place. Non pas en fonction de la réaction de Jacques-Yvan, qui m’y a accueillie dans une allégresse incroyable, mais en fonction de mon cheminement qui me situait dorénavant ailleurs. C’est bien maudit ! Et c’est bien moi.

J’aurais été incapable de revisiter mon plan de match. C’est ça que je retiens aujourd’hui, avec le recul. Je n’aurais pas été capable d’aller vérifier, en m’installant à quelques coins de rue, s’il n’était pas préférable que je poursuive ma vie sans Jacques-Yvan. Je le quittais temporairement, dans ma perception des choses. La suite de l’épisode ne se déroulait pas sans lui, mais bien avec.

Après avoir traversé les presque quinze mois de mon plan de match en m’épanouissant, en rencontrant bien sûr des obstacles, des hauts, des bas, il ne m’est pas venu à l’esprit une micro seconde qu’il n’était pas nécessaire que je retourne d’où j’étais arrivée.

Ça veut dire que je m’étais construit tout un stratagème pour justifier mon changement de voie, et que sans ce stratagème je n’aurais pas été capable d’agir comme je l’ai fait. Est-ce que mon inconscient, ou disons est-ce qu’une part de moi savait, dès le début de cette entreprise, que je m’orientais vers une rupture, et non vers une opération de renouveau quant à notre relation de couple ? Autre manière de poser la question : faut-il être excessivement naïf pour penser que cette opération de renouveau allait fonctionner ?

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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