Jour 56

Je suis rendue à une couche de rouge, après avoir appliqué hier pendant des heures des boucles formant la lettre e, sur ma grande toile carrée, dans une teinte lilas. Je suis rendue au rouge et ça ne va pas bien parce que mon mélange est trop liquide. Pourtant, je l’ai laissé à l’air libre toute la nuit.

– Qu’est-ce que j’ai bien pu mettre là-dedans ?, me suis-je demandé ce matin, découragée que la substance ne soit pas devenue plus épaisse.

1. Des pigments Rouge pourpre solides déposés dans le fond de mon contenant au moyen d’une petite cuiller; 2. des pigments Orange Dinitroaniline Po 5, vendus sous une forme dite Aqua Dispersion, donc liquide; 3. de l’acrylique Rouge de cadmium dans une base dite Fluide, donc liquide; 4. du médium transparent en masse, mais cela n’a pas résolu mon problème. Au moment où, sacrilège, je versais de 5. l’eau !, pour la bonne et simple raison que je ne réfléchissais pas, je me suis rendu compte que je faisais une erreur. J’ai eu beau interrompre tout de suite mon geste, le mal était fait, comme on dit.

– Ça va être bien trop liquide !, me suis-je désolée, en partant à la recherche d’un tube d’acrylique qui allait me permettre d’épaissir ma soupe, car selon la marque du produit, la substance peut être plus ou moins pâteuse.
J’ai déjà acheté un tube de rouge pompier, par exemple, qui était particulièrement compact.

J’ai ajouté du 6. Rouge orange vif, de la marque Liquitex, à défaut de mieux. J’ai bien mélangé et cela n’a pas amélioré grand-chose. C’est ce qui fait que le rouge est resté à l’air libre toute la nuit, alors que d’ordinaire je couvre mes couleurs d’un film de cellophane que je resserre sous le contenant pour qu’il retienne l’humidité le plus possible.

Et ce matin je découvre que je ne suis pas plus avancée.

Alors il va se passer ceci : je vais aller patiner cet après-midi parce qu’une amie m’a donné rendez-vous sur la rivière, à Joliette, à 13:30. Je vais revenir quelques heures plus tard et découvrir seulement à ce moment-là si mon mélange me permet de travailler.

Cet incident est un mal pour un bien puisque à la place de peindre, j’ai écrit mon mot du jour. Je pensais explorer le chiffre du jour, en ceci qu’il correspond à l’année de naissance de ma soeur, mais mes ennuis m’ont entraînée ailleurs.

Curieusement, j’ai vécu hier, sur le plan culinaire, un problème identique à celui du rouge trop liquide. Je me suis creusé les méninges pour créer une base qui allait nous permettre de manger des tartes au filet de porc effiloché qui s’avéreraient ni trop liquides ni trop sèches. J’ai versé du bouillon de poulet et de l’harissa dans une poêle, et rendue là j’ai eu l’idée merveilleuse de déposer de grosses dates Medjool qui ont fondu dans le liquide et apporté une épaisseur parfaite au mélange.

– Qu’est-ce qu’on mange chérie ?, m’a demandé chéri en s’assoyant à la table devant son assiette.
– Une sorte de tourtière aux dates et au porc effiloché, ai-je répondu en sortant la tarte du four.
Mari n’en est plus à une surprise près.
– Délicieux !, fut le verdict.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée a été publiée dans 2 200 textes en 10 ans. Mettre ce permalien en signet.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s