Jour 72

J’arrive d’avoir marché 13 000 pas avec cousine sur le Lac Pierre au grand vent. C’est facile, c’est plat sur la surface glacée du lac, mais il faut monter une côte pour revenir à sa maison. Nous avons marché avec des crampons sous nos bottes, et même à ça, par deux fois j’ai failli tomber.

Je mourais de soif au retour, alors cousine m’a donné un verre d’eau, que j’ai vidé bien sûr d’une traite, sans faire l’exclamation sonore de satisfaction qui est propre à mon mari quand il dépose sur le comptoir le verre qu’il vient de boire. J’ai simplement demandé à cousine de m’apporter un autre verre plein, si jamais elle repassait par la cuisine. Nous avons placoté une petite demi-heure et je l’ai quittée. Il était 16 heures.

Avant d’entamer quoi que ce soit, de retour chez moi, je me suis épluché deux sanguines pour me désaltérer et me fournir de la vitamine C. J’ai voulu prendre une photo de la sanguine pour l’envoyer à un ami qui m’a apporté l’an dernier, à pareille date, des sanguines qui étaient à peine teintées de la couleur du sang. Celles que je venais d’éplucher, au contraire, étaient pratiquement noires par endroits. Toujours selon cette marotte de faire des clins d’oeil à l’un et à l’autre, j’aurais aimé envoyer une photo d’une belle sanguine digne de ce nom à l’ami, mais mes mains étaient rendues collantes, mon téléphone pas immédiatement accessible, chatonne se frottait à mes mollets pour avoir manqué d’affection pendant mon absence, alors j’ai laissé faire la photo et j’ai savouré, debout dans la cuisine, les sanguines.

Ensuite, j’ai versé la moitié d’un sac immense de maïs soufflé à saveur de cheddar dans un grand bol. Et je suis venue dans mon bureau rejoindre mes amis devant mon ordinateur, une bouteille d’eau dans une main, le bol de maïs dans l’autre. La faim et la gourmandise ont fait en sorte que j’ai privilégié le contact avec le maïs, dans les premières minutes, plutôt qu’avec les amis.

Malheureusement, je n’étais pas assise que j’ai réalisé que ma technique n’allait pas fonctionner. Je pensais prendre les grains de maïs un à un du bout des doigts sans que cela ne les couvre de sel ou de gras, mais c’était miser sur trop d’optimisme. Je me suis donc relevée pour aller chercher une cuiller à soupe et j’ai mangé mon maïs soufflé à la cuiller, selon ma manière déjà explicitée en ces textes mais il y a fort longtemps : je remplis ma bouche de plusieurs cuillérées puis je mastique lentement. Cette formule a l’avantage d’occuper ma bouche un bon moment avant qu’il ne soit nécessaire de la remplir à nouveau.

Une fois installée confortablement, la bouche remplie, la bouteille d’eau accessible, les jambes croisées pour ressembler aux belles choristes en léotard noir, plus rien ne m’empêchait de venir rejoindre mes amis. Alors j’ai cliqué sur la vidéo de Sophie Hunger pour entendre Le vent l’emportera, et j’ai décidé que Beyries et Louis-Jean Cormier viendraient ensuite m’offrir J’aurai cent ans. Bashung pourra aussi faire partie du rendez-vous amical de fin d’après-midi dominical avec La nuit je mens.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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