Jour 75

Je mets en bandeau de ce texte d’aujourd’hui une photo de ma fille et moi capturée hier lors de notre conversation ZOOM.
– Pourquoi tu apparais à l’envers ?, s’est étonnée Emmanuelle.
– Je n’en ai aucune idée, ai-je bien entendu répondu.
– C’est peut-être ton ordinateur…, a commencé ma fille.
– Une vieille affaire dépassée par les événements, je sais, ai-je poursuivi.

Il n’empêche que c’est un bon choix de photo pour faire un clin d’oeil, en ce Jour 75, à l’anniversaire des 75 ans de papa dont j’ai fait mention dans un texte précédent. Cet événement nous avait réunis, une bonne trentaine de personnes, à la maison qui était la nôtre, au temps de ma vie avec Jacques-Yvan.

Dire que papa a maintenant 90 ans !

Cette fois-là d’il y a quinze ans, j’étais montée sur une chaise pour donner les dernières instructions aux invités, dans notre grande pièce de séjour (au mur rouge vénitien).

Jacques-Yvan et moi avions peint cette pièce sans trop savoir ce que ça donnerait, cette couleur très prégnante, qui fut un succès et qui couvre encore le mur. Pour les plinthes, j’avais suggéré une couleur sable qui n’était pas assez sable, qui ne convainquait pas Jacques-Yvan, ni moi d’ailleurs, mais vers laquelle nous étions néanmoins allés… pour obtenir un effet pansement de tissu Band-Aid (qui y est toujours).

J’étais donc montée sur une chaise pour que tout le monde me voie et m’entende, et sur les photos captées alors que j’ai les bras dans les airs, on voit les cernes de ma transpiration sous les aisselles. J’étais, comme d’habitude, arbitrairement vêtue : une robe fuseau brune couverte à l’avant d’un motif africain –qui m’avait été donnée par ma femme de ménage– et une chemise à fanfreluches, par-dessus la robe, de couleur blanc crème –un cadeau de Bibi.

Emmanuelle s’était cassé la phalange de l’annulaire droit, en jouant chez son amie Elmie, et portait un plâtre. Elle avait neuf ans, l’âge de porter des cols Claudine, qu’elle ne portait pas à l’époque. C’est pourquoi, pour se reprendre, et comme on le constate en bandeau de page, elle en porte maintenant, à 24 ans.

J’avais fait un montage à partir des témoignages des proches que j’étais allée enregistrer ici et là, montage que j’avais bien sûr copié sur des CD pour les distribuer ensuite. Je m’étais rendu compte après coup qu’ils n’étaient lisibles qu’une fois sur deux, toutes catégories d’appareils confondues, Mac et PC.

Pour les besoins de ce montage, j’avais filmé Jacques-Yvan et ses deux fils, dans le sous-sol (aux murs uniformément blancs). Le plus jeune des garçons avait glissé au début de l’enregistrement que chouchou étant couchée, l’opération allait s’en trouver facilitée –comme s’il était possible d’envisager que chouchou puisse être dissipée ! Les trois hommes se tiennent par la taille, devant moi qui filme, et je me rappelle que je m’étais sentie choyée d’être si bien entourée. J’avais hâte d’intégrer ces trois hommes de ma vie à mon projet de film.

Comme passé et présent s’entrecroisent constamment, j’ai justement rêvé à Jacques-Yvan la nuit dernière. Il exprimait que mes diagrammes de Venn étaient bien présentés, mais que les intersections n’étaient pas assez hachurées !
– Nous sommes la somme des expériences que nous vivons, ajoutait-il. Et la théorie des ensembles n’y pourra rien changer.


À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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