Jour 74

Mince ! Il s’est produit un malheur en me rendant à pied au village tout à l’heure. Il m’est venu une référence qui pourrait être exploitée pour le Jour 73 ! Il s’agit de la chanson Quand j’étais chanteur, de Michel Delpech. Écoutée peut-être cent fois dans ma voiture en compagnie de chouchou ? À plein volume. Ça commence ainsi : « J’ai mon rhumatisme, qui devient gênant, Ma pauvre Cécile, j’ai 73 ans… »

Qui a amené ce chanteur français jusqu’à moi ? Chouchou ? Ses frères ? J’avais acheté le CD Michel Delpech &, qui regroupe des chansons interprétées en duos, avec Alain Souchon pour Quand j’étais chanteur. J’adore le choeur qui s’élève dès la deuxième strophe sur les mots « boots blanches, un gros ceinturon ». On dirait que les paroles sont en anglais… Après vérification, je confirme qu’elles le sont, se voulant un clin d’oeil à des tubes des Beatles :« Far away Sergent Pepperfar away Penny Lanefar away Strawberry Fields Foreverfar away Yesterday ».

Or, je suis allée écrire que si je trouvais, dans le bouillonnement de mes neurones, une référence au chiffre 73, je me forcerais pour en trouver une au 74, qui vient avant, qui constitue un passage obligé. Alors j’ai marché le reste de mon parcours, dans le froid avec le nez qui coule, en cherchant un prétexte qui serait amusant pour le 74, et je suis revenue bredouille à la maison ! Il faut dire que le vent piquait mon visage. Je me suis dit que j’allais peut-être trouver un filon, une fois au chaud, assise, tranquille. Je cherche toujours…

Bien sûr, à peine installée devant mon ordinateur, je suis allée sur YouTube me laisser enchanter par ce vieux hit sorti en 1975, chanté par un Michel Delpech jeune et à moustache, et sur d’autres vidéos moins jeune et à calvitie.

Pourquoi la chanson n’a-t-elle pas vu le jour un an avant, Seigneur !

J’ai été touchée, moi le coeur de pierre, par quelques commentaires d’auditeurs, publiés sous la vidéo, dont celui d’un homme qui a écrit ne plus craindre la mort s’il devait s’avérer que Michel chante si agréablement au paradis. Quelqu’un d’autre a écrit « Merci Michel, Si tu savais dans quel bordel se trouve la France en ce moment ! »

Je suis peut-être revenue fatiguée de ma promenade à vive allure car ces mots tendres et de reconnaissance adressés à un homme décédé prématurément à 69 ans m’ont presque fait couler une larme. 69 ans, en passant, c’est aussi l’âge qu’avait Jean-Pierre Bacri, qui vient de nous quitter.

Je me suis revue dans ma robe marine et blanche, un matin que je m’en allais travailler, en lien avec cette référence faite au paradis. J’étais enceinte. Je m’étais fait la réflexion que si on devait rencontrer les collègues avec lesquels on est malheureux, au paradis, ça ne s’annonçait pas comme une partie de plaisir que de s’y installer. Je me rends compte seulement maintenant qu’il ne m’était encore jamais venu à l’esprit que le paradis pouvait être parsemé de rencontres belles et heureuses. Moi qui pense quotidiennement à la fin de la vie, à la mort, à l’égrènement des jours qui m’en rapproche inexorablement, j’ai laissé s’échapper un soupir de soulagement, j’ai senti une bouffée d’air pur et frais se rendre jusqu’à moi.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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