Jour 98

Fiou ! Je suis fatiguée ! Pourtant, je n’ai fait rien d’important ni de soutenu. J’ai enchaîné une petite action à une autre à une autre, en espérant que la nouvelle action que j’entamais allait être la dernière, mais ça ne l’était jamais, jusqu’à ce que je décide que ça suffisait. Stop !
Je suis d’abord allée chez le comptable ce matin, en compagnie de mon mari. Il a fallu que je me dépêche, dans la demi-heure qui a précédé l’heure de notre rendez-vous, pour à la fois déjeuner, m’habiller, me maquiller. Je n’aurais pas dû passer autant de temps –quarante minutes– à lire Le Devoir sur mon téléphone. Pour optimiser toute l’affaire, j’ai traîné mon café dans notre chambre à coucher, en mastiquant la dernière bouchée de ma toast au beurre d’arachides, pour aller m’habiller. Cela consiste à sauter dans les vêtements de la veille, donc ça ne prend pas de temps. Puis, une fois descendue dans la salle de bain du bas, devant le miroir qui me voit m’appliquer du fond de teint, j’ai réalisé que j’avais oublié ma tasse de café. Je suis remontée en vitesse la chercher, mais redescendue lentement pour ne pas renverser la boisson.
Quand décidément je manque de temps, c’est le maquillage qui se fait éliminer de la liste des tâches, d’où il ressort que je me maquille, sans exagérer, à peine un jour sur quatre.
Au retour de chez le comptable, j’ai fait toutes sortes de choses, dans tous les sens. J’ai ainsi arrosé les géraniums odoriférants, qui séjournent pour l’hiver dans la pénombre du sous-sol. À mi-mandat de l’arrosage, j’ai décidé d’aller mettre des vêtements à laver, puisque les machines sont situées à côté de l’endroit où dorment les géraniums. J’y suis allée, vaporisant d’abord les taches qui se créent invariablement sur les t-shirts de mon mari, fourrant le tas de linge dans le tambour de la machine, versant les liquides nécessaires au lavage, sélectionnant les cycles, appuyant sur les boutons. C’est parti !
Je suis retournée aux géraniums. J’ai réalisé qu’il manquait une assiette à un des pots, la preuve étant que l’eau que je venais de verser de l’arrosoir s’étendait maintenant sur le plancher. J’ai couru extirper une serviette sale d’un tas qui attendait son tour d’être lavé, je l’ai déposée sur la flaque d’eau, j’ai essuyé tant bien que mal, en déplorant que la serviette ne soit pas plus absorbante, je suis retournée dans la salle de lavage lancer sur le tas la serviette mouillée.
Je suis remontée et j’ai préparé le dîner. Il était déjà midi et demi. J’ai tranché des tomates, utilisé la laitue et sa vinaigrette –pour ceux qui m’auront lue hier–, j’ai égrené un petit bloc de fromage fêta, j’ai cherché le pot d’origan séché qui n’a rien perdu de son odeur initiale, ouvert le frigo à la recherche de protéines qui auraient rendu la salade plus nourrissante, constaté alors que le contenant de carton du deux litres de lait coulait. Mince ! Encore une flaque en moins de dix minutes !
Sors le lait du frigo, essuie le contenant avec un linge pour tenter de trouver d’où il peut bien couler, trouve l’endroit de la fuite, verse le lait dans un contenant de vitre, or aussitôt je me ravise, verse le lait du contenant de vitre dans une casserole, et je décide de laver du riz pour concocter un pudding. Le riz dégorge son amidon, mais un, deux, trois trempages ne me procurent pas une eau de rinçage claire, je décide donc de laisser tremper les grains le temps que je termine ma salade grecque.
Comme nous finissons de manger, la sonnerie de la machine à laver me fait savoir, parce que je l’entends, qu’il est temps d’aller mettre les vêtements à sécher. Je m’apprête à y aller, lorsque mon mari me demande où est rendue l’enveloppe qu’il avait déposée là, sur le comptoir, il y a déjà quelques mois. Quelques mois ? Au secours ! Cherchons vainement l’enveloppe.
À force de mouvements de toupie, arriva ce qui devait arriver : je ne me sens plus la force de commencer ma toile. Un grand format de 36"X48". Mais j’aurai profité de ma station assise, qui se sera imposée afin de me remettre de mes tournaillages, pour écrire mon mot du jour. En conclusion, et sans surprise : je n’ai plus vingt ans.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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