Jour 100

Wow ! Les amis, ce n’est pas rien. Jour 100 ! À partir de maintenant, je suis bien mal placée pour craindre que la réussite de mon projet ne soit compromise par une quelconque incapacité d’inspiration ou de fonctionnement de mes neurones. J’y suis presque ! Il ne me reste qu’à égrener, dans une certaine décontraction, quelques dizaines de textes à mon chapelet et ce sera chose faite.
Je m’exprime comme Jay Du Temple, qui interpelle de cette manière –« les amis »– les participants de OD chez nous. C’est une formule affectueuse, non prétentieuse. C’est une formule de bonne volonté, de je-vais-faire-de-mon-mieux. Lorsque j’ai commencé ma vie en famille recomposée, je n’avais que 32 ans, je me suis mise à appeler « les amis » mes deux beaux-fils et leur papa.
– Les amis, leur disais-je, nous allons manger dans dix minutes.
Puis, chouchou est née.
– Les amis, nous allons manger dans dix minutes, leur disais-je encore, chouchou dans mes bras.
J’avais le tour de m’y prendre, peut-être –si je tiens compte du fait que Jay Du Temple, à mon avis, s’y prend bien. J’avais le tour de m’y prendre, est-il permis de penser, d’autant que je disposais d’une préparation de niveau zéro. Bien entendu, par moments, j’ai été terriblement maladroite.
Tout cela est tellement loin, chouchou ayant maintenant 24 ans, et à la fois encore tellement présent.
Cet après-midi je marchais seule dans le bois, un peu aux aguets car nous avons découvert d’énormes empreintes de loup à proximité des chalets. Non seulement avons-nous découvert des empreintes de loup, mais nous en avons vu un, tout gris, sur un terrain, qui ne semblait pas avoir peur des humains, ne s’enfuyant pas à notre appel. Il est permis de penser, d’ailleurs, que les loups viennent se promener sur les galeries en notre absence car leurs empreintes se rendent jusqu’aux marches.
Je marchais seule, donc, et je suivais la ligne que formaient les empreintes de ce loup géant, en me disant que la voie qu’on cherche tous, pendant qu’on est très occupé à se dépatouiller pour réussir sa vie, c’est tout simplement la ligne qui va, comme celle du loup, droit devant. Au hasard de tel événement, et de tel autre, il arrive qu’on décide de bifurquer à droite, ou à gauche, au gré de nos choix. Parfois ce ne sont pas des choix, ce sont des impératifs qui nous font tourner. Quand on gère bien sa vie, cependant, ce ne sont pas tant les impératifs mais plutôt la volonté, la réflexion qui nous font tourner d’un côté, ou de l’autre. Quand on gère très très bien sa vie, après avoir pratiqué la volonté et la réflexion, on peut se laisser tenter par la prise du risque, par la fantaisie, par le défi et un certain penchant pour l’aventure. La soixantaine se prête bien, il me semble, à cette prise de risque.
J’écris ça comme ça, comme je me le formulais mentalement en marchant, sans créer d’association plus que ça entre ma théorie d’aujourd’hui et la pratique de ce que fut ma vie jusqu’ici. Ai-je pris des risques, cela étant ? Oui. Ai-je réussi à modeler ma vie en fonction de ma volonté et d’une mûre réflexion ? Par moments oui, à d’autres moments absolument pas.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée a été publiée dans 2 200 textes en 10 ans. Mettre ce permalien en signet.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s