Jour 107

<p class="has-drop-cap" value="<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80">J'étais seule dans la grande maison la nuit dernière, seule avec chatonne. Assez tôt, je me suis installée au lit pour lire les <em>Lettres pour Anne</em> de mon ami François. Chatonne, faisant l'indépendante, est demeurée en bas, couchée sur le canapé, mais elle sera venue me rejoindre cette nuit sans que je m'en aperçoive car elle dormait, collée contre mes mollets, à mon réveil. <br>J'ai terminé l'année 1968 et entamé les premières pages de 1969. Le souffle de l'amour continue de caresser, à pleines pages, les phrases du futur Président de la République. J'écrivais à travers mon chapeau, dans un texte précédent de mon blogue, quand je décrétais que les premières années seulement de ma grosse brique témoigneraient de ce souffle. Cela fait quand même six ans, là où j'en suis de ma lecture, qu'Anne et François sont liés l'un à l'autre et ce souffle ne diminue pas. <br>Les amants se voient-ils pour la peine ? S'écrivent-ils davantage qu'ils se voient ? L'absence leur fournit-elle l'occasion de ne pas se taper sur les nerfs dans la quotidienneté, ou alors sont-ils aspirés par un désir de quotidienneté qui n'arrivera que bien tard, il me semble ? Il ne m'est pas permis d'en avoir une idée juste à travers les lettres. Toujours est-il qu'ils s'aiment. <br>Mais Anne se prête à des crisettes. Il faut savoir que François décide de tout. De passer rituellement Noël avec Danielle, par exemple, de souper auprès de cette dernière et de ses fils tous les dimanches. Par conséquent, quand François résume son emploi du temps, dans ses lettres, il y a forcément des trous. Il évite bien entendu de mentionner que tel dimanche il a d'abord dîné avec les siens avant d'aller faire ceci cela en soirée. Dans une des lettres que j'ai lues hier, en effet, Anne accuse son amant de se défiler, de ne pas être exhaustif, de tourner les coins ronds, finalement. Il lui répond, on s'en doute, que l'amour absolu ne passe pas nécessairement par une rigoureuse description de l'emploi du temps. <br>J'imagine qu'au bout d'un moment, de guerre lasse comme le veut l'expression, Anne décidera de s'accommoder, tant bien que mal, du parcours complexe, tortueux, pavé de trous, qu'aura su lui imposer son homme.<br>Il y a plein de choses, comme ça, que j'écris et qui ne s'avèrent pas. Par exemple, hier le 11 novembre, je ne suis pas allée à la Caisse, au village, tenter de me dénicher un coquelicot. Je suis à peine sortie de la maison, malgré le temps doux. Toutes sortes de petites choses m'en ont empêchée.<br>En soirée, j'ai regroupé les textes de ma sixième année de blogue dans un seul fichier <em>Word</em>, pour posséder ainsi une copie de sécurité de toutes les folies que j'aurai écrites cette année-là. En incluant les photos, j'ai constitué un fichier de quelque 260 pages.<br>Cet après-midi, j'espère pouvoir en venir à bout de ma septième année, de telle sorte qu'il ne restera plus que deux années complètes, la huitième et la neuvième, à ne pas être encore assurées contre une perte, un bris, une disparition quelconque des serveurs <em>Wordpress</em>. <br>C'est quand même incroyable, insouciant, pas du tout sérieux de n'avoir pas pris cette précaution avant.<br>Des six fichiers <em>Word </em>de compilation annuelle, si on peut dire, qui existent maintenant, seul celui de la première année d'écriture a été retravaillé. C'est probablement à cause de l'ampleur du poids sur mes épaules, à l'idée de repasser à travers ces phrases et ces phrases de toutes ces années, que je n'ai pas constitué ces fichiers avant. <br>Rien ne m'oblige à me relire, cela dit… mais le plaisir que j'ai à relire les pages de ma première année corrigée pourrait me décider à m'atteler à la tâche.<br>J’étais seule dans la grande maison la nuit dernière, seule avec chatonne. Assez tôt, je me suis installée au lit pour lire les Lettres pour Anne de mon ami François. Chatonne, faisant l’indépendante, est demeurée en bas, couchée sur le canapé, mais elle sera venue me rejoindre cette nuit sans que je m’en aperçoive car elle dormait, collée contre mes mollets, à mon réveil.
J’ai terminé l’année 1968 et entamé les premières pages de 1969. Le souffle de l’amour continue de caresser, à pleines pages, les phrases du futur Président de la République. J’écrivais à travers mon chapeau, dans un texte précédent de mon blogue, quand je décrétais que les premières années seulement de ma grosse brique témoigneraient de ce souffle. Cela fait quand même six ans, là où j’en suis de ma lecture, qu’Anne et François sont liés l’un à l’autre et ce souffle ne diminue pas.
Les amants se voient-ils pour la peine ? S’écrivent-ils davantage qu’ils se voient ? L’absence leur fournit-elle l’occasion de ne pas se taper sur les nerfs dans la quotidienneté, ou alors sont-ils aspirés par un désir de quotidienneté qui n’arrivera que bien tard, il me semble ? Il ne m’est pas permis d’en avoir une idée juste à travers les lettres. Toujours est-il qu’ils s’aiment.
Mais Anne se prête à des crisettes. Il faut savoir que François décide de tout. De passer rituellement Noël avec Danielle, par exemple, de souper auprès de cette dernière et de ses fils tous les dimanches. Par conséquent, quand François résume son emploi du temps, dans ses lettres, il y a forcément des trous. Il évite bien entendu de mentionner que tel dimanche il a d’abord dîné avec les siens avant d’aller faire ceci cela en soirée. Dans une des lettres que j’ai lues hier, en effet, Anne accuse son amant de se défiler, de ne pas être exhaustif, de tourner les coins ronds, finalement. Il lui répond, on s’en doute, que l’amour absolu ne passe pas nécessairement par une rigoureuse description de l’emploi du temps.
J’imagine qu’au bout d’un moment, de guerre lasse comme le veut l’expression, Anne décidera de s’accommoder, tant bien que mal, du parcours complexe, tortueux, pavé de trous, qu’aura su lui imposer son homme.
Il y a plein de choses, comme ça, que j’écris et qui ne s’avèrent pas. Par exemple, hier le 11 novembre, je ne suis pas allée à la Caisse, au village, tenter de me dénicher un coquelicot. Je suis à peine sortie de la maison, malgré le temps doux. Toutes sortes de petites choses m’en ont empêchée.
En soirée, j’ai regroupé les textes de ma sixième année de blogue dans un seul fichier Word, pour posséder ainsi une copie de sécurité de toutes les folies que j’aurai écrites cette année-là. En incluant les photos, j’ai constitué un fichier de quelque 260 pages.
Cet après-midi, j’espère pouvoir en venir à bout de ma septième année, de telle sorte qu’il ne restera plus que deux années complètes, la huitième et la neuvième, à ne pas être encore assurées contre une perte, un bris, une disparition quelconque des serveurs WordPress.
C’est quand même incroyable, insouciant, pas du tout sérieux de n’avoir pas pris cette précaution avant.
Des six fichiers Word de compilation annuelle, si on peut dire, qui existent maintenant, seul celui de la première année d’écriture a été retravaillé. C’est probablement à cause de l’ampleur du poids sur mes épaules, à l’idée de repasser à travers ces phrases et ces phrases de toutes ces années, que je n’ai pas constitué ces fichiers avant.
Rien ne m’oblige à me relire, cela dit… mais le plaisir que j’ai à relire les pages de ma première année corrigée pourrait me décider à m’atteler à la tâche.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée a été publiée dans 2 200 textes en 10 ans. Mettre ce permalien en signet.

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