Jour 120

Rien ne s’est passé avant-hier comme je l’anticipais dans mon texte du Jour 121.
Nous sommes allées, oui, Emmanuelle et moi, marcher à cet endroit que j’avais envie d’explorer avec ma fille. Il s’agit de l’étroite route, très pittoresque, qui longe le lac Pierre à St-Alphonse. D’où j’habite, il faut s’y rendre en voiture, ça prend une quinzaine de minutes. On se stationne devant l’église située au centre du village. On sort du véhicule. Emma me demande si on verrouille. Je réponds non car je roule depuis quelques jours avec la voiture de mon frère, la mienne étant en panne. Or mon frère ne verrouille jamais ni sa voiture ni son logement, alors je réponds qu’on n’a pas besoin de verrouiller. Emma vérifie néanmoins que j’ai les clefs sur moi. Je les ai, dans la poche de ma veste. On emprunte le chemin du lac et très rapidement on en aperçoit le plan d’eau. Nous avions comme projet de nous rendre jusqu’au bout de la route et de revenir. C’est un bon exercice pour le coeur car le chemin mène à un promontoire. Il était déjà un peu tard, 16 heures passées, Emmanuelle ayant consacré les heures précédentes à ses études de machine learning.
Ça ne faisait pas dix minutes que nous marchions que nous avons rencontré ma cousine qui s’avançait avec son compagnon en sens inverse au nôtre.
Sapristi ! Quelle belle surprise !
– Qui change son parcours pour s’adapter à celui de l’autre ?, fut la question de cousine, une fois exprimée la surprise de nous être croisés. Vous venez avec nous, ou nous allons avec vous ?
– Nous pourrions tous aller prendre un cordial dans la véranda, a proposé son compagnon.
Le couple, en effet, habite non loin.
C’est ce que nous avons fait, reportant au lendemain, donc à hier, le projet de faire un peu d’exercice en marchant.
Pour ma part, ça faisait un peu mon affaire. Depuis que je ne me suis pas sentie bien, tout le mois de septembre, il me semble que mes forces sont moins au rendez-vous quand vient le temps de fournir un effort. Il est possible que ce ne soit qu’une impression, qu’une crainte, et que, dans les faits, je sois aussi en forme qu’avant.
C’est comme lorsque je suis malade. Je commence par tenter de définir si je suis vraiment malade ou si je ne fais que l’imaginer. Il faut que les inconforts atteignent un certain degré avant que je me mette à croire que je ne vais pas bien. Quand des symptômes qui ne trompent pas se manifestent enfin, comme lorsque j’ai vomi en pleine nuit, je suis la première surprise de devoir concéder, non sans une once de plaisir, que j’ai attrapé un virus quelconque. J’entre alors dans une phase d’incertitude qui me fait me demander pendant combien de temps je vais pouvoir profiter de ce statut spécial qui m’autorise à vivre différemment. C’est fou, je sais. Je pourrais instaurer les conditions de cette vie différente sans utiliser le prétexte de la maladie… mais en même temps, est-ce que j’ai ne serait-ce qu’une vague idée des conditions que j’aimerais instaurer ?

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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