Jour 131

Je vais profiter de ce mois de zone rouge pour tenter de tenir un journal quotidien de 28 textes/28 jours relatant au plus près les activités de mes journées. Autrement dit, je vais limiter mon champ d’action, je vais emprunter une approche microcosmique. Je vais essayer de restreindre l’utilisation des pirouettes qui me font passer du temps futur au temps passé, en caressant brièvement le présent pour aussitôt plonger dans un passé encore plus lointain que le premier ci-nommé. Je vais tenter de m’en tenir à ce qui se produit dans mon environnement immédiat, un jour à la fois.
Nous sommes invités par les autorités de la Santé publique à rester chez nous pour semble-t-il limiter les dégâts. Fort bien, j’y reste, et voici ce que j’y fais.
Ce matin j’ai parlé à quatre personnes au téléphone. D’abord une Valentine de la compagnie d’assurances La Personnelle, pour régler un problème de paiement pour lequel je n’aurais pas eu les fonds nécessaires, or je les avais. L’échange en tant que tel a duré quelques minutes seulement et s’est déroulé sans anicroche, cependant j’ai passé plusieurs minutes, je dirais plus de quinze, à écouter de la musique d’ascenseur pendant que Valentine consultait, apparemment, mon dossier.
Puis ce fut le tour de cousine. C’est moi qui lui ai téléphoné pour lui souhaiter un joyeux anniversaire, elle atteint aujourd’hui les 59 balais, comme aurait dit mon père.
– Profite-s-en bien, lui ai-je dit, c’est la dernière année de ton quinquennat.
Je sais que j’aurais dû dire de ton quinquagénariat, c’est un néologisme de mon invention, mais j’aime bien utiliser à l’occasion le mot quinquennat parce qu’il me fait penser aux hommes politiques dont le mandat est souvent attribué pour une période de cinq ans. Il ne s’applique pas à la présidence de François Mitterrand, qui fut de deux fois sept ans, mais il s’applique à celle de Macron. J’aime penser à Macron parce que ça me ramène à l’époque, pas si ancienne, qui m’a vue être abonnée au Paris-Match. Mais je suis en train, déjà, de me gargariser avec mes doux souvenirs, alors je tente sans plus m’étendre de corriger le tir.
Après cousine, ce fut cousin au téléphone, le fils de tantine, tantine dont il fut souvent question dans ces textes car nous avons passé quelques années à nous rencontrer une fois par semaine. Nous ne le faisons plus parce que son état ne le lui permet plus. Donc, cousin. Il me téléphonait pour, on le devine, me donner des nouvelles de sa mère.
Après Valentine, cousine, cousin, ce fut au tour du notaire. Il est tellement occupé qu’il n’avait toujours pas donné suite à mon appel de la semaine passée. Alors je l’ai rappelé. On dirait qu’il a un ordinateur à la place d’un cerveau, il m’a donné de manière très condensée et accélérée les informations dont j’avais besoin. Quand j’ai eu terminé mon appel, je savais en gros à quoi m’en tenir des questions que je me pose par rapport à ma propriété, à Montréal, mais j’ai eu bien du mal à résumer ses explications à mon mari.
Après les appels, je suis allée poster une lettre et j’en profite toujours, quand je suis dehors, pour observer l’état des plates-bandes devant la propriété.
Cet après-midi, nous aurons la visite de ma belle-fille, de son mari et de leur nouveau-né. Avant qu’ils arrivent, je voudrais vider le garde-manger pour faire l’inventaire de nos denrées et sélectionner celles qu’il serait bon d’utiliser sous peu. J’aime ce genre d’exercice. J’y vais de ce pas.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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