Jour 138

Nous voici déjà rendus le dimanche 20 septembre. Je suis au chalet. Le lac Miroir, en parfait état de miroir, me tient compagnie, à ma droite. Cela fait six jours que je n’ai pas écrit, mon dernier texte ayant été publié le 14, soit lundi dernier. C’est la journée, lundi dernier, qui m’a vue m’amuser dans mes plates-bandes et écrire le soir, en me forçant puisque j’étais fatiguée. Je ne dirais pas, d’ailleurs, que je me suis amusée tant que ça. J’étais en mode fin de saison. Cela consiste à planter tel arbuste à telle place –un arbuste don de cousine et un arbuste rendu trop gros pour l’endroit qui l’a vu s’épanouir. Cela consiste aussi à ranger dans le garage les pots d’annuelles au fur et à mesure qu’elles se flétrissent sous l’effet du gel, à désinstaller, encore, les boyaux d’arrosage avant le gel, etc. Je n’étais pas en mode extase devant les nouvelles tiges et feuilles et fleurs écloses, autrement dit. Ça ira, pour cet aspect, et fort progressivement, au printemps prochain.

Je n’ai pas écrit depuis ce 14 septembre par manque de ressort, d’énergie, d’entrain, parallèlement à un manque de temps. Que s’est-il tant passé pendant ces six jours ?

Le 15 était jour de leçon de dessin dans la grande ville de Joliette. J’en profite forcément pour effectuer des courses diverses afin de maximiser ce déplacement hebdomadaire. J’ai abouti sans surprise à l’imprimerie Kiwi, mon deuxième commerce préféré, après celui où je prends mes cours. J’ai demandé à la jeune fille derrière le comptoir si elle pouvait imprimer telle photo, qui apparaissait sur l’écran de mon téléphone, en l’agrandissant légèrement. Bien entendu elle le pouvait. Elle a fait imprimer la photo au format 8.5 X 11 mais n’a pas aimé le résultat parce qu’un semblant de ligne traversait le visage de chouchou. La photo, effectivement, en est une de chouchou à Barcelone, chouchou portant les tresses que lui avait faites sa maman pendant que nous faisions la file pour visiter une maison gaudienne. C’était l’époque où on pouvait visiter, collés les uns sur les autres, les maisons gaudiennes. La jeune fille au comptoir –dont la couleur rose du fard à paupière qu’elle affectionne me plaît énormément– a redemandé une impression à sa grosse machine Xerox, qui est ressortie avec la même ligne (invisible à mes yeux de néophyte), pour, au final, effectuer une entourloupette avec son fichier afin que la troisième impression soit la bonne. Je suis donc ressortie du commerce avec trois photos pour le prix d’une. Comme j’avais des cadres du même format à la maison, j’ai mis les trois photos sous cadre, et j’en ai donné deux à chouchou, en en gardant un pour moi.

– Tiens, ai-je dit à ma fille lorsque nous nous sommes vues le lendemain mercredi, voici une belle photo de toi que je t’offre en double pour que tu en donnes une à Jacques-Yvan.

Quelque temps plus tard, ma fille m’a dit que son père avait semblé étonné de recevoir un cadeau de moi.

– Ce n’est pas tant un cadeau de moi, ai-je répondu, qu’un cadeau pour qu’il profite de ta présence dans sa maison.

Pas tellement de temps plus tard, le papa m’a envoyé un court courriel pour me remercier. J’en déduis qu’une fois la surprise passée il a apprécié le geste et son effet, en ce sens qu’il peut rencontrer autant de fois qu’il le veut le visage si inspirant de ma fille de 23 ans –qui en a maintenant 24.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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