Jour 153

Hier j’étais seule à la maison et il faisait un temps à ne pas mettre le pied dehors. Levée dès sept heures, j’en ai profité pour apporter la touche finale à mon projet Camouflage, pour lire d’une traite mon manuscrit Les initiales gravées, tout en entretenant l’espoir d’écrire deux ou trois textes badouziens pour faire baisser mon compte à rebours, car j’arrive difficilement à rattraper mon retard sur mon blogue. Ce dernier espoir a été déçu. Je n’ai écrit qu’un texte, mais au moins j’ai mis un terme au projet mural, de même que je suis passée à travers mon manuscrit.
J’ai aussi parlé une heure vingt-quatre minutes avec chouchou, comme autrefois lorsqu’un océan nous séparait. Et tenté de régler au téléphone des problèmes de plomberie.
Bien sûr, je peux faire toutes ces choses lorsque nous sommes deux, Denauzier et moi, mais j’adapte la manière de les faire, lorsque je suis seule, en fonction de mes inclinations personnelles. Comme j’avais à fabriquer encore une dizaine de tubes de laine pour les besoins de Camouflage, j’ai fait d’une pierre deux coups, j’ai fait d’un plaisir simple un plaisir double : j’ai tricotiné devant un film de Lelouch, en l’occurrence Un + Une –dont, d’ailleurs, il a déjà été question en ces textes.
Malheureusement, mon attention a aussitôt été happée par l’image, de sorte que je ne tricotinais pas fort. Ne me laissant pas abattre, je me suis trouvé une manière de procéder. Puisqu’il s’agit d’un film que nous avons enregistré et qui est entrecoupé de publicités, j’ai écouté le film avec la plus vive attention, ne touchant pas à mes accessoires de tricotin, pour aussitôt me mettre au travail quand arrivaient les publicités. Je m’empressais de baisser le son à la première annonce, j’en avais pour plusieurs minutes à tricotiner, puis je remettais le son et je m’abandonnais corps et âme à l’histoire. Le film, bien que tronqué sur notre enregistrement de ses premières minutes, dure un peu plus de deux heures.
Essentiellement, sur fond de déplacements en Inde, notamment à Bombay, que ce soit en bateau, en train, en avion, en auto…, Elsa Zylberstein et Jean Dujardin développent une relation amoureuse à grand renfort de mots. Ils parlent sans arrêt.
J’aime la manière précipitée d’Elsa de s’exprimer, voire de bégayer, lorsqu’elle est bouleversée.
Je ne me demande même pas si le film est réussi ou non, je sais qu’il va me séduire dès la première note –car la musique de Francis Lai est omniprésente et s’articule en outre autour d’un seul thème, qui, donc, revient tout le temps.
L’originalité de mon inclination arrive ici : quand ce fut fini, mes quelque deux heures de délices, je n’avais pas atteint le nombre de tubes requis, alors j’ai remis le film en marche, l’écoutant sans plus tarder une deuxième fois. Ces deuxièmes fois sont toujours plus confortables, moins stressantes, moins exigeantes. Je les absorbe avec plus de détachement, plus de latitude, me permettant même de ne pas avoir les yeux rivés sur l’écran en tout temps, et choisissant par moments de m’en tenir à n’écouter que les dialogues lorsque les manipulations du tricotin l’exigent.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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