Jour 160

tarteAuxPommes

Tarte aux pommes confectionnée avec la petite.

Puisque je règle son cas au Jour 160 aujourd’hui, et puisque je décrémente ou lieu d’incrémenter, je vais entamer un texte numéroté selon une nouvelle dizaine quand je serai de retour de notre escapade en Abitibi, à savoir le Jour 159.
59, c’est mon année de naissance.
Je ne peux pas croire que ma personne de 61 ans, mon âme, mon esprit, mes émotions, ma manière d’appréhender la vie, tous si pleins d’enthousiasme, habitent un corps qui se fait, veux veux pas, vieillissant. J’en ai pour preuve, parmi un certain nombre, que les os de mes pieds ont tendance à s’aplatir, donc je porte des orthèses. Quand je ne les porte pas, j’ai mal au dos au bout d’un moment. J’ai aussi reçu une valve mitrale mécanique, donc je prends du Coumadin, donc je fais tester mon sang à la pharmacie du village, donc je suis au nombre des clients qui fréquentent ledit commerce le plus souvent, car le résultat du test appelle régulièrement un ajustement de ma dose, lequel requiert un autre test…
Je me tourne dans mon lit, encore, la nuit, et je ressens facilement des douleurs au cou et au bas du dos. Mes pipis prennent plus de temps qu’avant à s’évacuer complètement. De façon générale, je dois prévoir des périodes de repos plus importantes qu’auparavant, etc.
Et si je décidais que mon corps va me rendre service jusqu’à la fin, sans me diminuer à l’excès –comme c’est le cas de papa qui est immobile dans son fauteuil roulant, au CHSLD, prisonnier de la maladie de Parkinson ?
J’ai lu un livre sur le sujet, mais comme j’ai la mémoire plus sélective qu’avant –c’est une autre affaire, la mémoire qui s’effrite avec l’âge–, je ne me rappelle pas du nom de la discipline selon laquelle c’est l’individu qui choisit, qui bloque les atavismes en décidant, tout simplement, que telle perspective pas très agréable, être atteinte de la maladie de Parkinson, justement, ne se rendra pas jusqu’à lui, en l’occurrence jusqu’à moi.
Il me semble qu’il y a des notions d’anthroposophie dans la discipline ?
Tant qu’à avoir lu livre, même si je ne me rappelle pas du titre, et tant qu’à faire, et pourquoi pas, ça vaut la peine d’essayer.
À partir d’aujourd’hui –mais je pense que je le fais depuis quand même pas mal de temps– j’essaie de miser sur une santé qui va tenir le coup
jusqu’à la fin de mon existence sur terre, et je fais ce qu’il faut pour y arriver. Je bouge, je mange raisonnablement, je ris, je pense positivement.
Je ne fais pas souvent d’excès. Je prends soin de moi de mon mieux.
Je préfère cette approche à la signature d’un formulaire selon lequel je pourrais être éligible à l’aide à mourir. Ça m’apparaît pas mal technocratique, ce nouveau service offert. Il faut avoir, selon ce que j’ai entendu dire –car je n’ai rien lu à ce sujet–, tels symptômes de douleur, selon tel degré d’intensité, avec en prime la lucidité nécessaire pour confirmer, dans les tout derniers instants, que oui oui, finissons-en, je n’en peux plus… Je vais essayer de m’y prendre autrement. J’aurai au moins le mérite d’avoir essayé.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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