Jour 163

chenille

Chenille trouvée autour du chalet au lac Miroir. Je ne suis pas certaine d’avoir aimé la sensation des ventouses sur mes doigts…

– Connais-tu beaucoup d’animaux ?, ai-je demandé à la petite alors que nous entamions notre énième promenade.
Il faisait très chaud et sec, c’était avant le passage de la tempête Isaias.
– Oui. Les papillons, les sauterelles, les chenilles, les mouches, les vers de terre, les souris, les chauves-souris, les écureuils, les chats, les chiens, les loups, les gros ours. Les coccinelles ! Les grenouilles, les poissons !, a-t-elle ajouté en reprenant son souffle, sur le ton d’autant d’oublis inacceptables qu’elle voulait se faire pardonner.
Effectivement, ai-je pu constater, elle en connaît plusieurs, infiniment plus que moi au même âge, quatre ans.
Notre séjour de deux semaines dans le bois s’est décliné sur le thème des animaux, d’ailleurs, et particulièrement des souris, que la chatte Mia a rapportées en quantité industrielle.
– Mamie ! Mamie !, s’exclamait la petite lorsque je mettais le pied hors du lit. Mia a rapporté deux souris et des petits morceaux. Viens, on va aller les mettre dans le feu. Je vais les transporter par la queue et après je vais me laver les mains. Viens mamie, viens !
– D’accord, répondais-je en prenant d’abord le temps de me verser un café.
– Tu n’oublieras pas de te laver les mains avec du savon, glissait aussitôt le papa.
– Tu vas prendre du papier pour les petits morceaux ?, enchaînait la petite sans commenter la recommandation parentale.
– Ah oui, j’oubliais le papier, attends je vais aller en chercher.
Le papier désigne ici des essuie-tout avec lesquels je ramassais difficilement, parce qu’elles avaient eu le temps de coller sur les planches de la galerie, les entrailles des souris, vestiges, de la grosseur d’un dix sous, des animaux qu’elles étaient encore la veille.
La petite, en outre, n’a peur de rien. Elle attrape les grenouilles avec ses mains, les met dans une petite cage que nous a prêtée une voisine, ressort la grenouille pour la flatter, l’observer, lui parler, la remet dans la cage, jusqu’à ce qu’elle ressente le besoin de changer d’activité.
– Viens, mamie, on va aller ramasser des ménés !
– Dans cinq minutes, lui répondais-je, savourant quelques instant de position assise sur la berceuse.
Notre meilleure récolte de pêche au filet, les pieds dans l’eau sur le bord du lac, cumula huit poissons plus gros que des ménés, que mon beau-fils m’a dit être des bébés crapets. Ou alors des bébés carpes.
L’épisode de la salamandre fut, seule, porteuse de malheur et prétexte à des pleurs. Je ne savais pas, bien entendu, parce que je n’y connais rien en animaux, qu’il y avait des salamandres dans les environs. Avec un râteau, j’étais en train d’essayer d’étendre de la terre presque boue, que la petite appelle de la bouette, lorsqu’une dent de l’outil a dangereusement frôlé une fragile et grouillante masse brunâtre agrémentée de points de couleur orange. J’ai réussi à ramasser l’animal en le retenant par la queue, tout en criant à la petite de venir me rejoindre immédiatement.
– Un petit lézard !, s’est-elle exclamée, d’une voix amoureuse et en me poussant du coude pour se saisir de l’animal à ma place. Qu’il est beau ! On va le mettre dans le seau !
Il s’agit d’un seau assez grand qui lui appartient, produit dérivé de la Reine des neiges, que je me suis empressée d’aller chercher et de garnir, dans le fond, de quelques feuilles, racines et petites mottes de terre. Pendant une dizaine de minutes je n’ai plus entendu un son sortir de la bouche de l’herpétologiste, toute à son émoi d’observer une salamandre de si près. Malheureusement, dans un moment d’inattention de la part de notre scientifique, la salamandre a sauté et s’est enfuie. La petite a beaucoup pleuré et j’avoue que je la comprends.
– On va en trouver une autre !, a-t-elle décrété au bout d’un moment, témoignant ainsi qu’elle sait faire preuve de résilience.
– Hum !, j’ai bien peur que ce soit difficile à trouver, ai-je tout de suite exprimé pour tempérer ses ardeurs.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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