Jour 168

Ma journée n’a pas été structurée, elle s’est imposée à moi, échevelée sans que je puisse la moduler, la mouler à ma manière.
D’abord, mon mari a été happé par le travail dès son réveil tôt ce matin, au point de devoir quitter le bois pour se rendre auprès de ses collaborateurs régler certaines difficultés. Je me suis empressée de l’aider en vue de ce départ, en remplissant le panier de linge à laver et à rapporter, en mettant à sa disposition une glacière pourvue de cryopack pour le retour lorsque des provisions en garniront l’intérieur. J’ai sorti quelques papiers, à savoir des factures à payer, des chèques à encaisser, des numéros de téléphone dont je savais qu’il allait avoir besoin, et surtout une liste –que j’ai dressée– de choses à faire et à acheter. J’ai mis les divers contenants de plastique vides devant être récupérés dans un sac à cet effet. J’ai déposé le sac sur la galerie pour qu’il ne l’oublie pas.
Puis, il est parti, autour de neuf heures et demie.
J’ai occupé mes premiers moments de solitude en rédigeant un texte pour mon blogue. Je pensais ne créer que l’enveloppe du texte, en la laissant vide, mais finalement j’ai laissé mes doigts s’amuser sur le clavier et j’ai obtenu un texte de presque 600 mots dans lequel il est question de mon tempérament fourmi.
J’ai lavé la vaisselle et nettoyé le comptoir, entre mes paragraphes.
Après avoir écrit ce texte, j’ai réalisé qu’il serait bientôt l’heure de mon Facetime quotidien avec chouchou. Comme cela m’arrive souvent, j’ai voulu me réchauffer un peu de café, afin que ce dernier ponctue notre conversation au fur et à mesure de mes gorgées. Allume la cuisinière au gaz. Rien ne se passe. Allume encore. Toujours rien. Plus de gaz ! Seigneur ! Comment fait-on pour changer une bonbonne de propane ?
J’ai téléphoné à mon mari, en ayant au préalable averti chouchou que je n’allais pas lui parler dans les prochaines cinq minutes, comme je pensais le faire. Mon mari m’a expliqué comment procéder. Le réservoir de 100 lbs de propane étant très lourd, il m’a conseillé d’aller demander l’aide d’un voisin homme. Celui qu’il m’a suggéré habite à l’extrémité de notre section de quatorze lots.
– Tu peux prendre le quatre roues pour te rendre, m’a dit mon mari.
– Comment fait-on pour le démarrer ?, ai-je demandé.
D’où il ressort que je ne suis pas débrouillarde, mais compte tenu de cet imprévu d’aujourd’hui, je le suis quand même plus ce soir, ayant appris en vitesse accélérée à installer une bonbonne, à allumer le pilote de la cuisinière, celui du frigo, et à démarrer le quatre roues.
La nécessité, comme le disaient autrefois les sages, est la mère des inventions et des apprentissages.
Je ne suis pas allée demander l’aide d’un homme, mais d’une femme, ma voisine presque immédiate. Cela fait plus de vingt ans qu’elle a son chalet à proximité du nôtre, d’ailleurs elle l’a construit à une époque où aucune route ne se rendait jusqu’à notre rive, transportant tous les matériaux par bateau. À ma grande surprise, elle n’a jamais changé elle-même de bonbonne et allumé les pilotes des engins, mais elle sait comment faire.
Nous avons parfaitement réussi mon défi, deux têtes valant mieux qu’une, et pour célébrer notre exploit, je me suis rendue chez elle partager une grande bouteille d’eau gazeuse à saveur de pomme grenade.
J’ai oublié de dire que mon Facetime avec chouchou avait eu lieu après que j’aie contacté mon mari pour me sortir du pétrin. Je ne lui ai pas parlé longtemps, par crainte d’oublier ce que mon mari venait de m’expliquer.
Voyant le temps s’assombrir, au bout d’un moment, je suis partie de chez ma voisine, à pied cette fois, et je suis arrivée à notre chalet juste au moment où la pluie commençait à tomber. Je me suis fait une joie de voir cette eau humidifier la terre tellement sèche, mais la joie fut de courte durée car cinq minutes plus tard il ne pleuvait plus.
J’avais faim, j’ai regardé l’heure, il était 18 heures. Je me suis préparé une salade au filet de porc. Cela consiste à trancher très finement le restant de filet de porc du week-end, cuit sur le barbecue, et à déposer les tranches sur des feuilles de laitue romaine. Huile, vinaigre, assaisonnement. Je me suis régalée.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée a été publiée dans 2 200 textes en 10 ans. Mettre ce permalien en signet.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s