Jour 171

Mandalas4

Patience et longueur de temps…

Pour me donner de l’inspiration car ce texte d’aujourd’hui refuse de se laisser apprivoiser, je suis allée lire ce que j’ai écrit au Jour 1 171, curieuse de découvrir ce que je fricotais il y a 1 000 textes.
– Je n’aurai qu’à résumer en quelques mots la teneur de ce texte, me suis-je dit, et à partir de là mes doigts, sur le clavier, vont m’amener quelque part ailleurs.
Je me remettais d’un rhume, c’était en mars 2016,  pendant lequel j’avais fait de la peinture à numéros, une autre activité qui force les yeux et qui donne mal au cou, décidément !
Rien de ce texte ne s’avérant assez attrayant pour donner à mes doigts une erre d’aller vers autre chose, j’ai voulu me tourner vers encore plus ancien, au Jour 2 171. Mon premier réflexe, cependant, a été de penser qu’un tel texte n’existait pas, le chiffre m’apparaissant trop élevé. Or, j’ai bel et bien démarré mon projet au Jour 2 200, donc il existe, alors je suis allée le visiter, plongeant ainsi dans les prémices de mon entreprise titanesque. Le texte ne comporte que 260 mots. Il a été écrit en février 2012. Il fait référence à un ami cher que j’ai connu au Conservatoire, aujourd’hui décédé. Il fait référence aussi à mon compagnon François, idem décédé. Ce deuxième texte ne m’a pas davantage aidée à trouver un élan d’écriture.
Comme je me disais qu’il était préférable que j’attende une étincelle quelconque et qu’il ne me restait qu’à décider si je voulais, à la place, aller marcher, colorier ou lire, j’ai senti un effleurement sur mon épaule. Ce ne pouvait être celui d’un maringouin, que j’aurais entendu voler, or l’effleurement n’émettait aucun son, et ce ne pouvait être non plus une mouche noire qui n’effleure pas avant de piquer. Me rappelant qu’une méchante araignée m’a mordu l’abdomen l’été dernier, me causant des démangeaisons au point de consulter mon médecin, je me suis levée délicatement de l’endroit qui me voit assise pour écrire mon texte, afin de me diriger vers la salle de bain où il y a un miroir. J’étais un peu nerveuse. Je me suis tournée de manière à ce que le miroir reflète une partie de mon épaule, et j’ai découvert qu’un papillon, bleu presque noir tacheté de blanc, agrémentait cette zone de ma peau. Je me suis dirigée dehors sur la galerie et un mouvement sec de mon corps l’a fait s’envoler.
Je suis revenue m’asseoir et fixer mon écran, pour aussitôt me relever ayant pris la décision préalable d’attendre que l’inspiration ne se manifeste. Je suis allée me verser du café, mon activité préférée le matin. Je me suis demandé, en ouvrant la porte du garde-manger, qu’est-ce que j’allais nous servir, à mon mari et moi, pour le dîner. Je suis retournée dans la salle de bain vérifier si ma frange était bien placée. Pendant ces menus déplacements, il me semblait que l’effleurement subsistait, au même endroit, sur mon épaule. Curieusement, alors que j’étais devant le miroir pour l’inspection de ma frange, je n’ai pas pensé me tourner à nouveau pour vérifier ce qu’il en était. Comme je quittais la salle de bain pour me diriger je ne sais où, j’ai incliné la tête sans vraiment le vouloir en direction de mon épaule, et j’ai cru voir une tache noire. Encore un papillon ?
Rebelotte devant le miroir pour constater qu’une libellule, cette fois, peut-être encore bébé car j’en ai déjà vu de plus grosses, s’était posée elle aussi au même endroit. J’ai pensé que le papillon avait peut-être déposé là des sucs ou autre substance qui auraient attiré ce nouvel insecte ? Je ne sais pas comment cette libellule a pu se poser sur mon épaule sans que je m’en aperçoive, dans les deux ou trois secondes qui m’ont vue dehors me secouer pour faire s’envoler le papillon et rentrer aussitôt. Toujours est-il, difficile à croire mais pas tant que ça puisque nous habitons dans le bois, qu’au moment précis où je faisais glisser la porte moustiquaire pour y faire s’envoler la libellule, le craquement d’une branche a attiré mon attention. Mon regard s’est dirigé vers le sous-bois d’où émanait le bruit. Un chevreuil, immobile, s’y tenait. Nos regards se sont croisés pendant une durée significative –une dizaine de secondes ?– avant que la bête ne poursuive sa route.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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