Jour 176

Nous voilà au chalet. Nous avons fait le trajet selon une nouvelle formule qui nous a vu manger chacun un sandwich au jambon, un peu de fromage et des raisins pendant la première portion de la route, entre Ste-Émélie et St-Michel.
– Je pourrais faire des sandwiches !, me suis-je exclamée quand nous avons réalisé, Denauzier et moi, que nous serions prêts à quitter la maison aux alentours de midi.
– Bonne idée, a répondu mon mari.
C’est bizarre que j’aie pensé hier pour la première fois à nous préparer un lunch pour la route, ça fait quand même deux ans maintenant, sinon trois, que nous avons le chalet…
Je me suis forcée. J’ai utilisé des petits pains ciabatta; du fromage en tranche provenant de la France, très agréablement emballé comme c’est souvent le cas avec les produits français; de la laitue que je devrais aller faire cuire là, maintenant, pendant que j’écris ces lignes, dans la mesure où elle était sur le point de rouiller hier quand j’en ai mis une feuille dans les sandwiches; du jambon de la marque la moins cher, Sélection, d’où il ressort que je suis extrémiste, tout ou rien, le luxe de l’emballage français et le choix raisonnable de la marque maison pour le cochon; de la moutarde forte d’un côté sur le pain préalablement fendu et de la mayonnaise sur l’autre, encore là je suis excessive car nous avons quatre contenants différents de moutarde dans le frigo, dont deux énormes pots de moutarde de Dijon, en verre bien sûr et non en plastique.
La deuxième portion du repas a nécessité un arrêt au dépanneur de St-Michel où j’ai mes habitudes. J’y ai acheté un café de format géant que je partage avec mon mari. Pour agrémenter le moment du café, j’achète quand il en reste des carrés aux dattes ou des biscuits faits sur place. Il restait un paquet des biscuits que je préfère, conçus selon l’esprit d’un sandwich : vous prenez deux biscuits, ils sont semblables à des galettes blanches mais de forme ronde et aplatie, pas de renflement dans le milieu comme c’est le cas de la galette, et entre les deux biscuits vous déposez un peu de confiture de fraise, ou de framboise. Hier, c’était de la framboise. Le biscuit galette blanche du dessus reçoit un trou en son centre –probablement avec un emporte-pièce reproduisant la forme d’un beigne– avant d’être déposé sur le biscuit galette du dessous, et grâce à ce trou on voit la jolie couleur rouge décorer le projet qui se laisse fondre dans la bouche. L’emballage sous cellophane peut ramollir la pâte, il est vrai, et c’était le cas hier, mais quand même ce luxe qui coûte 4,99$ pour six exemplaires se laisse savourer, ramolli ou pas. Fidèles à nous-mêmes, nous avons mangé le paquet, donc trois biscuits doubles chacun, ça fait six biscuits simples par personne…
– On n’aura probablement pas faim pour souper, ai-je conclu quelque temps plus tard.
Mon mari n’a pas répondu cette fois, comprenant que nous nous orientions vers un souper zéro, ou presque zéro. À vingt heures, nous avons fini les raisins, les concombres –qui avaient été en contact avec des cryopacks dans la glacière et qui commençaient déjà à se liquéfier–, avons avalé quelques arachides et mastiqué quelques croustilles au blé entier.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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