Jour 180

pieuvre

Mandala dit de la pieuvre.

Hier j’ai vécu une journée socialement mouvementée mais dans les normes gouvernementales du déconfinement. Je me suis levée tôt. J’ai passé le début de la journée entre mes activités habituelles d’observation de plantes et de coloriage de mandalas et de taquineries envers mon mari, cela en ayant un café à la main. Jusque-là tout baigne, aucun danger de contagion. Vers onze heures, magnifiquement vêtue de la robe ultralégère que m’a donnée mon amie voisine, je suis allée chez tantine qui habite avec son fils, me mettant moi-même en contact avec deux personnes d’une même famille. Je suis allée, donc, chez tantine et son fils, y rencontrer ma cousine avec laquelle j’ai partagé le dîner, chez elle. Nouvel ajout d’un pion social. Autrement dit, sur la galerie de tantine, nous étions trois représentants de trois noyaux familiaux différents. Tantine se tenait assise à l’écart non seulement, sur un plan métaphorique, parce qu’elle a perdu ses appareils auditifs, mais parce qu’elle devait respecter les deux mètres de distance, pendant que son fils allait et venait, tandis que cousine et moi étions sagement assises une à côté de l’autre sur la balançoire. Curieusement, personne ne m’a dit que ma robe était jolie.
– Tu ne trouves pas que je suis bien habillée ?, ai-je demandé à ma cousine une fois que nous avons été seules, chez elle.
– Ta robe est superbe !, s’est-elle exclamée.
Ma voisine l’a achetée à l’époque, en Belgique, pour honorer un cocktail très chic auquel elle avait été invitée.
– Si j’attends pareille occasion, me suis-je dit, je ne la porterai jamais.
Alors n’écoutant que mon courage, car mon habituelle manière de me vêtir se situe à l’opposé de la délicatesse que propose le tissu diaphane de cette robe bleue, je l’ai enfilée, pour constater que je ne pouvais trouver plus approprié, compte tenu de la canicule qui nous accable et appelle des vêtements ultralégers.
– En plus, je me suis verni les ongles, regarde, ai-je ajouté en pointant mes doigts tendus dans sa direction.
– En effet, a-t-elle acquiescé.
– Et depuis un moment je me maquille le visage pour me protéger du soleil. As-tu remarqué que je suis maquillée ?
– Pas vraiment, a-t-elle répondu.
– Ça veut dire que je suis bien maquillée !, me suis-je exclamée, fière d’avoir réussi cet exploit.
Je ne me suis pas lancée dans l’énumération des produits que j’utilise et la description des étapes que je traverse pour arriver à ce résultat naturel.
– Pour décorer le sundae d’une belle cerise rouge, ai-je enchaîné, ma voiture a été nettoyée hier, au village, pour pas cher, intérieur et extérieur. Tellement pas cher que j’ai donné un gros pourboire pour compenser.
– Quel est le lien entre ton maquillage et ta voiture ?, s’est étonnée ma cousine.
– L’entretien, l’amour de soi, la bienveillance, le temps consacré à ceux et à ce qu’on aime…
Elle a dû penser que je faisais des blagues, alors que j’étais sérieuse.
Mes interactions sociales ne se sont pas arrêtées là. Nous étions invités chez nos amis voisins pour le souper. Ça ne pouvait pas mieux adonner car je mourais de faim, à force de tant parler. Nous avons passé la soirée chez eux, jusqu’à 23 heures. Ces échanges m’ont certainement creusé l’appétit car ce matin, et bien qu’ayant, on s’en doute, copieusement mangé la veille, j’avais encore faim.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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