Jour 190

tubes et flacons

Trouvez l’intrus.

J’ai pris congé, le lendemain d’avoir travaillé intensivement sur les hostas. Je suis allée magasiner. J’avais besoin de crèmes, solaire  et de soin du visage vieillissant couvert de taches brunes. Je ne voulais pas aller à la pharmacie de mon village, qui n’offre pas une gamme très étendue de produits. Je suis donc allée au Pharmaprix de Joliette. À ma décharge, je mentionnerai que j’avais d’autres courses à faire en ville.
Surprise ! À mon arrivée à la pharmacie, aucune file dehors de clients qui attendaient leur tour. Les portes sont ouvertes en permanence, pendant les heures d’ouverture du commerce. Une jeune femme nous accueille, munie d’un masque et d’une visière, elle vérifie qu’on se désinfecte les mains et nous informe que « si on touche, on achète ». On doit avoir un panier, c’est la manière la plus commode, pour le commerçant, de s’assurer qu’il n’y a pas de clients au-delà du nombre autorisé. Autant de clients que le nombre permis de paniers, autrement dit.
– Ne vous inquiétez pas, m’a-t-elle dit, les paniers sont désinfectés à chaque changement de client.
– Je cherche un fond de teint avec protection solaire de facteur 30, ai-je demandé sans transition.
– Nous n’avons qu’un facteur 15, a-t-elle répondu.
– Vous n’avez pas même 20 ?, me suis-je étonnée, c’est ce que j’ai en ce moment, or mon tube sera bientôt terminé.
– Je sais que Clarins vend du facteur 20, a-t-elle répondu, mais nous ne tenons pas cette marque.
– C’est Clarins, effectivement, que j’utilise en ce moment. Vous êtes certaine que vous n’avez rien de facteur 20, j’imagine que Lancôme…
– Peut-être, en effet, a-t-elle répondu en se dirigeant vers le rayon des produits Lancôme.
– Est-ce que je peux vous suivre ?, ai-je voulu vérifier.
– Bien sûr, mais n’oubliez pas votre panier.
– Oui, nous avons du 20, a-t-elle constaté, il ne me reste que peu de teintes, mais étant donné la couleur de votre peau, vous avez besoin soit d’un clair froid ou d’un clair neutre, et j’ai les deux.
– Qu’est-ce qui est le mieux ?, ai-je demandé. Le froid ?
– Non, je dirais le neutre pour votre couleur de peau. Malheureusement, il est impossible d’essayer, de tester, de manipuler, je ne peux que vous vendre le flacon, si vous le désirez.
– Vendu, ai-je répondu, fière de ne pas tergiverser pendant une demi-heure, non pas avec elle, mais avec moi-même.
– Avez-vous besoin d’autre chose ?, m’a-t-elle demandé.
– Oui, de la crème solaire pour le corps, de bonne qualité.
– J’ai Vichy et La Roche Posay.
– Je les ai essayées les deux, l’été dernier, et j’ai été déçue. On les dit très légères mais je les trouve grasses et collantes…
– Pourtant, Vichy est bien appréciée…
– D’accord, je la prends, même si je sais que je vais être déçue.
– Que prenez-vous habituellement ?, s’est enquis la jeune femme.
– Clarins, que vous ne vendez pas.
– Autre chose ?, a-t-elle poursuivi.
– Des pains de savon. Je sais que vous en avez chez La Roche Posay et Avène.
– Il ne m’en reste plus, ni chez l’un ni chez l’autre, a-t-elle répliqué, un peu piteuse.
– Alors ce sera tout.
Dire qu’autrefois je ne connaissais rien aux produits de beauté !
Un mot à propos de ma crème Clarins en tube rouge foncé sur la photo. Elle m’a été suggérée par Oscarine, qui m’avait donné la fin de son tube pour que je l’essaie. L’ayant aimée, j’en avais commandé sur Internet. J’aurais pu, et peut-être dû, faire pareil, mais l’envie d’aller fouiner dans un magasin était trop forte pour que j’opte pour une commande en ligne.
À mon retour de Joliette, je devais m’arrêter à la pharmacie de mon village pour ma collecte mensuelle de Coumadin.
– Avez-vous les pains de savon de La Roche Posay, ou encore d’Avène ?, ai-je demandé à la vendeuse qui m’accueillait pour que je me désinfecte les mains, et qui était postée juste devant le rayon des produits de beauté.
– Nous avons les deux, a-t-elle répondu sans se retourner pour vérifier. Vous en voulez ?
– Je vais prendre les deux, ai-je répondu.
D’où il ressort que le besoin de magasiner était plus fort que tout. Et que je suis équipée jusqu’en 2022…

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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