Jour 199

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Projet en chantier.

Une ministre, pas plus tard qu’avant-hier, toujours à la radio en faisant la route entre la maison et le chalet, décrétait qu’il y aurait une saison touristique au Québec cet été. Cette obstination à vouloir que les choses se passent exactement comme avant. Ou cette insécurité à ne pas savoir –et par conséquent à ne pas pouvoir annoncer !– comment se redéfinit la vie après la Covid, insécurité qu’on s’empresse de gommer en répétant à la place les notions connues –un été touristique– qui étaient encore en vigueur il y a quelques semaines.
En tout cas. Bof. Ce vaste sujet dépasse mes capacités d’analyse.
Comme je l’ai écrit hier, je décide que le temps doux du confinement, et des méduses dans les canaux vénitiens, fait désormais partie du passé et je n’y pense plus.
Pour être bien certaine de ne plus y penser, je me suis lancée jeudi soir tard dans la continuation de mon installation artistique, à l’endroit où était auparavant mon projet d’alphabet dont les toiles n’arrêtaient pas de tomber parce que le velcro n’était pas la technique appropriée pour les maintenir en place.
Ce nouveau projet est installé entre la grande fenêtre de la salle de séjour à gauche, et l’arête du mur à droite. En voici la genèse.
Tout a commencé avec le déménagement de la mère de Denauzier, il y a plusieurs mois. Mon mari est revenu de chez sa mère, ce jour-là, avec une structure rectangulaire de décoration à laquelle on peut suspendre cinq petites plantes puisqu’il y a cinq pots faisant partie de l’ensemble. J’ai remarqué depuis qu’il se vend des structures semblables dans les quincailleries à la section « déco ».
À l’arrière des pots, on discerne des arbres qu’on dirait sculptés dans le métal, à deux dimensions comme chez les Égyptiens, peut-être des érables si on décide que les pots, plutôt que d’accueillir des plantes, ont pour fonction métaphorique de recueillir le sirop. Ces pots sont retenus par des cercles à mi-hauteur du rectangle –ils ne paraissent pas sur la photo. Autrement dit, les pots ne sont pas déposés sur la base de la structure.
Cette base est percée d’un très grand nombre de trous. Remarquant d’abord les trous, lorsque mon regard s’est pour la première fois déposé sur cet objet provenant de belle-maman, et étant déjà en train de me familiariser avec la technique du tricotin, je me suis dit que j’allais remplir chaque trou, peut-être deux cents ?, avec un tube laineux « tricotiné ». N’écoutant que ma détermination obstinée, j’ai pas mal avancé dans l’accumulation des tubes de laine, de longueurs variant entre 10 et 50 cm, au point de remplir je dirais le tiers des trous. Chaque fois qu’un tube était terminé, je me levais et j’allais l’installer. J’en nouais une extrémité de manière à ce qu’il ne ressorte pas par le trou, et je laissais pendre le reste du tube.
Un soir, ma belle-fille est venue à la maison et, ne s’étonnant plus de rien des choses que j’installe dans la maison où elle vivait autrefois, elle m’a demandé, en faisant bouger les laines d’un mouvement de sa main, si j’étais en train d’accumuler des racines.
– Des racines ! Quelle brillante idée !, me suis-je dit et lui ai-je dit tout haut. Au lieu de laisser platement pendouiller les tubes, je vais leur insérer un fil métallique de manière à pouvoir les tordre et leur donner une forme.
Ainsi fut-il fait.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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