Jour 198

nuageJauneIntermédiaire

Projet en chantier.

L’insertion du fil métallique fut une étape pénible à traverser car il s’accrochait tout le temps dans les tubes de laine, même si j’ai pris la peine d’en courber l’extrémité afin de l’arrondir pour qu’il puisse glisser plus facilement. Ensuite, il m’a suffi de tordre un peu, à gauche, à droite, le fil dissimulé dans les tubes de laine. Au final, ça ne ressemble pas « tant que ça » à des racines, mais quand même plus que mes tubes pendouillants à la verticale.
– Qu’est-ce que tu dirais si je peignais une bande de couleur derrière la structure aux fils de laine ?, ai-je un jour suggéré à mon mari, avant d’accéder à l’étape de fixer l’engin au mur.
– De quelle couleur ?, a-t-il demandé.
– Je ne sais pas. Peut-être jaune pour donner une touche de vitalité ?
Finalement, nous sommes allés à deux à la quincaillerie et avons eu la chance qu’il n’y ait pas une file de clients, dehors, attendant leur tour en ces temps de pandémie.
– Nous avons besoin d’entrer tous les deux, ai-je mentionné à la jeune fille qui surveillait que tout se déroulait conformément aux directives anti-Covid, car il s’agit de définir une couleur pour peindre une partie de mur à la maison.
Elle nous a laissés entrer, à la condition qu’on traîne un panier, dans lequel nous avons déposé le litre, notre unique achat, le panier était ici l’étalon servant à compter combien de clients circulent en même temps dans le magasin.
Peu importe la disproportion entre le gros panier et le petit litre. Nous avons acheté un jaune dit Crème anglaise, qui s’est avéré trop pâlot. Nous sommes retournés y faire ajouter une goutte de jaune, et cela n’a pas changé grand-chose.
En cours d’évolution du projet, j’ai pensé que peindre un gros nuage, sur le mur, serait plus amusant qu’un simple bandeau. Mon mari m’a encouragée, influencés peut-être que nous sommes, ces temps-ci, par les manifestations météorologiques qui égayent le ciel, notamment les arcs-en-ciel. J’y suis donc allée pour un nuage.
Or, le nuage fade obtenu dans sa teinte de Crème anglaise a eu besoin d’un peu de maquillage tout droit sorti de mes pots de pigments secs, parmi lesquels se trouvait un riche jaune indien. Quand on observe le fond nuageux, on remarque des pastilles rondes assez grandes venues égayer un jaune trop tranquille. Une fois cela réglé, la revitalisation du jaune, Denauzier a installé au mur, à l’aide de vis à ailettes, la structure aux racines.
– Ça manque de vie, comme d’habitude, ai-je constaté.
– Tu pourrais agrémenter les pots ?, a suggéré mon mari, car à cette étape de l’opération les pots n’étaient pas décorés.
– Bonne idée.
C’est ainsi que j’ai créé avec crayon, feuille de papier et ciseaux, un décalque de cinq semblants de feuilles, afin d’obtenir des formes sinon identiques du moins ressemblantes. Et j’ai appliqué le décalque en papier sur le métal des cinq petits pots et couvert de couleur bronze les formes à remplir.
– C’est moins pire, avons-nous conclu presque d’une même voix quand j’ai eu fini.
– Je vais devoir y aller de manière moins frileuse, ai-je avancé, deux secondes plus tard.
– Et sortir du cadre ?, a demandé mon mari qui prétend ne rien connaître en art.
– Exactement.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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