Jour 204

Mes lecteurs vont penser que je me suis trompée dans mon décompte, puisque mes publications d’hier font un saut de puce : du Jour 207 je saute au Jour 205. Où est passé le Jour 206 ? Il a disparu, bâtard. Je l’ai bel et bien écrit, mais il n’a pas été publié pour une raison qui m’échappe. Je me demande d’ailleurs si ce n’est pas la première fois qu’un tel phénomène se produit sur la plateforme WordPress en presque dix ans de carrière de blogue, enfin, en neuf ans fermes.

Certaines choses en lien avec cette omission malheureuse doivent être exprimées ici. D’abord, la connexion Internet, je l’ai écrit, dans le bois où nous nous sommes réfugiés pendant la crise Covid, fait son possible, j’en conviens, mais laisse néanmoins beaucoup à désirer. En outre, et pour ne rien faciliter, écrivant ces lignes d’aujourd’hui, il fait tempête dehors.

Au moment de publier le texte du Jour 206 hier, la connexion a accusé un tel ralentissement que ma page d’édition a semblé « gelée », alors au bout d’un moment assez long, et faisant exactement ce qu’il ne faut pas faire, j’ai cliqué ici, et là, tentant d’obtenir un résultat quelconque. J’imagine que dans ce cliquetage incohérent trop complexe pour les petites capacités de notre connexion, mon texte se sera perdu dans les limbes, dans le cyberespace, dans un cosmos quelconque, peut-être sympathique, sait-on jamais, mais la plus vive sympathie ne me rendra pas mon texte.

Quand je publie un texte, habituellement, je ne le trouve pas bon. Je ne m’empresse guère d’aller le relire, et quand je me décide à aller le relire, j’y trouve des fautes, parfois gravissimes, parfois légères. Le texte du Jour 207, à cet égard, aurait besoin de petits ajustements –que je n’entreprends pas à cause de la lenteur de la fameuse connexion. Bien entendu, ayant perdu ce texte 206, je me suis mise à le surinvestir d’une valeur quasiment précieuse, m’en rappelant comme d’une perle de raffinement, une rare réussite.
– Pour une fois, me suis-je dit, que mon texte était bon, voire savoureux…

Pour limiter les dégâts de ma déception et ne pas sombrer dans un état dépressif, je me suis empressée, avant de tout oublier du contenu de ce texte, d’en noter les grandes lignes dans mon carnet. Ça commence avec un petit échange entre mon mari et moi. Il veut quitter le bois en début de semaine; le connaissant, si je réponds « D’accord », il aura tout préparé pour notre départ dès le dimanche soir, alors je réponds « Partons jeudi » et au final nous partons demain, mercredi –mais je suis en train de me demander si la température va le permettre, tellement le blizzard semble prendre plaisir à chambouler nos plans. Après le petit échange avec mari quant au moment de notre retour dans la civilisation, j’aborde la question des Facetime qui occupent une grande partie de mon temps puisque ma fille est seule, en France, en confinement, et que je lui fais signe tous les jours. Nous avons amélioré nos pratiques, en ce sens, du moins ai-je amélioré les miennes car ma fille était déjà pas mal experte, et c’est ainsi que nous avons fait des conversations à trois personnes, et même à quatre, et encore hier à trois, et cette même conversation, hier, a duré 99 minutes. À cet endroit du texte quant à la longue conversation de 99 minutes, j’ai utilisé une jolie formulation à l’effet que nous étions, ma fille, notre amie et moi, les trois pierres d’un triangle exotique du fait de nos localisations contrastées : chouchou à Strasbourg, amie en Ontario, et moi dans le canton de Baie-de-la-Bouteille –qui est le vrai nom du canton où se trouve notre chalet.

– Tu n’as pas accès à un service d’aide sur ton blogue ?, m’a demandé mon mari au bout d’un moment qui me voyait écrire comme une bonne.
– Il y a toujours la possibilité d’écrire aux techs de la compagnie… ai-je répondu sans enthousiasme, à travers un formulaire d’aide en ligne…
Puis, changeant d’avis sur le champ, je me suis dit que ça valait la peine d’essayer, juste pour savoir si la démarche donne des résultats. Alors j’ai raconté au formulaire, en français, ma mésaventure de perte de texte, jusqu’à ce que je me rende compte qu’une petite phrase en dessous de la boîte de dialogue m’informait que je devais écrire en anglais. Sans enlever la portion francophone, j’ai traduit à peu près mon problème en anglais, et j’ai reçu sans trop tarder un courriel m’informant que mon message allait recevoir des suites dans les 24 à 48 prochaines heures. Des fois que cette démarche donnerait quelque chose, je publie aujourd’hui un texte 204, réservant sa place au 206 disparu… à suivre, comme tout le reste, en tout en temps.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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