Jour 205

Dans l’esprit de ma manie des décomptes jusqu’à la dernière miette.

J’ai sorti du congélateur une barquette de boeuf haché. Nous allons le cuire demain, mélangé à deux tomates fraîches et à un ou deux oignons. Nous allons assaisonner le tout, ajouter de la sauce soya et verser sur du riz préalablement cuit. Le riz aura cuit dans une casserole pendant que la viande aura dégorgé ses sucs dans une poêle. Cela comptera pour le repas du mardi soir.

Il reste une pizza du Dr Oetker au fromage de chèvre et tomates séchées dans le frigo. Il ne restera plus de lait demain matin, et il ne reste déjà plus de pain aujourd’hui lundi. J’ai utilisé les cinq dernières tranches ce midi pour en faire des sandwiches au jambon rehaussé de moutarde forte de Dijon. Tellement forte, la moutarde, ai-je dit à Denauzier lors d’un repas précédent, que des frissons nous parcourent jusqu’au derrière du crâne, pour notre bien, ai-je ajouté, puisque cette circulation dijonnaise constitue un nettoyage cervical.

Juste au moment où je m’apprêtais à mettre les sandwiches au jambon sur la table, un résident qui habite à l’autre bout du lac est venu nous transmettre un message important. Un message qui a fait notre affaire. Il est resté assis sur sa motoneige quelques minutes, nous sommes sortis sur la galerie pour lui parler, mon mari pieds nus, puis il est reparti. Il ne pouvait pas imaginer que nous étions sur le point de manger puisqu’il était presque 14:30. Il savait encore moins que j’avais 99 minutes de Facetime derrière la cravate.

Il reste des produits industriels dans le garde-manger, comme des chips Lays, des biscuits Leclerc, de la soupe Lipton, une conserve de fèves au lard qui ont saveur de caramel –je le sais car nous en avons déjà mangé de cette sorte–, et comme de fait j’ai vérifié sur la boîte et le caramel apparaît dans la liste des ingrédients. Il reste des amandes, un peu de fromage, encore quelques tranches de bologne trop épaisses par ma faute car j’ai mal répondu à la dame, au comptoir de la charcuterie, qui me demandait quelle épaisseur je voulais et j’ai répondu Moyen, alors que j’aurais dû répondre Mince. Ces dernières tranches vont peut-être constituer un coupe-faim ce soir car ayant dîné si tard on risque de ne pas manger grand-chose en soirée.

Nous mangeons gastronomique, dans le bois.

Il reste de la nourriture pour Mia, il faut dire que j’ai pas mal serré la vis pour faire durer ses aliments animaliers.

On pourrait vivre sans sortir du bois encore quelques jours en épuisant davantage nos provisions, ce serait juste pour dire qu’on se nourrit et ce ne serait pas agréable. Il reste un peu de yaourt Iokos aux fraises, c’est vrai, j’ai oublié de le mentionner. Sinon, la porte du frigo, là où sont les petites tablettes de rangement, ne contiennent que les condiments de type moutarde, relish, ketchup, mayonnaise. Et les plus grandes grilles de rangement, à l’intérieur du frigo en tant que tel, sont pratiquement vides, hormis la bologne et le boeuf qui dégèle.

Je consacrerai peut-être un autre texte à l’énumération des objets, appareils, accessoires de maison qui m’ont manqué ici dans le bois…

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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