Jour 210

Me voici à nouveau dans la version de l’éditeur que je ne maîtrise guère sur WordPress. Étant donné que la connexion Internet dont nous disposons ici dans la bois –quoiqu’il soit déjà beau de pouvoir en avoir une– est aussi lente qu’un escargot, je vais tenter de m’adapter, car partir à la recherche de la version de l’éditeur qui m’est familière me prendrait peut-être dix minutes, et je n’exagère pas tellement.

Quelques énumérations sont au programme aujourd’hui. Ce n’est peut-être pas si intéressant pour le lecteur, mais je choisis d’être égoïste et de me laisser aller.

D’abord les animaux que nous aurons vus depuis que nous sommes arrivés au chalet le 28 mars dernier : une martre ou un vison sur le bord du lac Miroir. Difficile de préciser de quel type d’animal il s’agit, car la bête était de l’autre côté du lac quand nous l’avons aperçue, à une certaine distance, il neigeait, et sans trop tarder elle a plongé dans l’eau –car nous étions le long d’une partie du lac qui ne gèle pas en hiver. À cause du long cou, Denauzier penche pour un vison. Ce serait alors un vison noir.

Ensuite un mulot tout petit, déposé à notre porte par la chatonne Mia qui s’est enfin décidée à déposer ses papattes sur la neige, toute chasseresse qu’elle est. Flairant le vaste choix quand elle osait mettre le nez dehors, les premiers temps, le nez seulement et pas le corps, quand on ouvrait la porte au gré de nos déplacements, rentre sort, il est arrivé qu’elle n’a plus été capable de résister et qu’elle est partie chasser. Elle a, donc, rapporté un mulot, et entre dans mon énumération, il va sans dire, cette même chatonne qui nous tient compagnie.

Deux loups, j’en ai fait mention dans un texte précédent. Ils sont venus sur la galerie lécher la vitre de la porte, un blond et un noir. Nous avons appris par la suite, parlant avec un motoneigiste croisé sur une piste, événement rarissime, que les loups vont partout autour du lac et que notre chalet, à ce titre, n’en est qu’un parmi plusieurs autres, une cinquantaine, à recevoir cette noble visite. Une cinquantaine de chalets répartis sur une distance de dix-sept kilomètres. À cause de la proximité des loups dans les parages, je me suis inquiétée, un peu, quand la chatonne s’est mise à sortir, puis je me suis dit que la nature avait ses règles et qu’advienne que pourra et que de toute façon elle ne sortait pas chasser si souvent que ça.

Un pic-bois. Ou en tout cas un oiseau qui a fait dans le tronc vermoulu d’un conifère deux bons trous de la grosseur d’une pièce de deux dollars, rapidement, le temps que je prenne des photos dudit tronc. Autrement dit, l’oiseau, qui avait une tache de rouge à la tête, était affairé à piquer à tout juste un mètre et demi au-dessus de moi.

Des traces en masse, mais pas l’animal qui vient avec, de chevreuils et de lièvres. Deux fois des traces d’ours.

Des écureuils bien sûr qui courent dans le sous-bois. Trois perdrix non pas dans les teintes de beige brun comme il me semble qu’elles sont parées en automne, mais plutôt dans les teintes de gris bleu, aperçues les demoiselles le même jour, aperçues malgré la neige qui tourbillonnait autour de nous cette fois-là.

Ce matin il y avait beaucoup d’oiseaux qui tournaient autour de la maison, à tel point que mon mari a émis l’hypothèse que les oiseaux du printemps étaient arrivés. Quelles sont les variétés possibles d’oiseaux de printemps dans notre faune et flore sauvages, je ne peux me prononcer car je n’y connais rien. Je peux seulement dire que par quatre fois presque de suite ces petits oiseaux se sont frappés à nos fenêtres mais rien de fatal n’est survenu, ils ont tous réussi à reprendre leur vol.

Un mot enfin à propos des castors. Nous avons vu plusieurs dizaines de petits bouleaux, ou de merisiers, mangés par les castors, dans une même zone de la forêt, sur le bord d’un cours d’eau. On discerne fort bien la forme de leurs dents puissantes dans le bois et ce dernier est mangé de manière à former, quand les castors en ont fini de leur festin, un petit monticule de couleur tendre, je dirais de couleur corail pâle et tendre.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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