Jour 235

À
Barcelone ou
Chicago, peu importe,
Demain sera toujours demain.
Encore faut-il pouvoir se
Fier aux horloges égreneuses de temps.
Gutturales, graciles, grassettes, glauques, les clochent sonnent,
Hésitantes par moments à rappeler notre vieillissement constant,
Inéluctable. J’incline à penser qu’il faut accepter.
Jeudi, vendredi, samedi… ce défilement fragmenté à la seconde près.
Khôl pour les plus jeunes, sur les paupières fermes et lisses
Ligne qu’on ne désire plus souligner quand arrivent les rides fines
Mais de fines, ces rides seront autant de plis qu’on voudra camoufler.
Non. Oui et non. Certainement qu’on accepte aussi de les porter, sans rien cacher.
On ne sent plus l’âge, au bout d’un moment. On le porte, point.
Pourtant il m’arrive presque tous les jours de me demander comment faire pour ne pas
Quémander, à qui, je ne sais pas, des jours, encore des jours, pour que ne cesse pas
Radicalement, sans état d’âme, la machine humaine qui est la mienne, qui s’appelle aussi mon corps.
S‘agissant d’un exercice alphabétique de plus, qui rend compte de l’ordre qu’occupe la lettre dans
Toute la liste. Pour donner un exemple, plus facile à comprendre : lettre D, quatrième position, quatre mots sur la ligne.
Une fois atteintes les lettres éloignées du A, ça devient quand même plus facile, on peut jongler avec plus de mots.
Vers la fin, bien entendu, ça se corse, à cause de ces lettres excentriques qu’on utilise beaucoup moins souvent en français.
William Shakespeare aurait moins de difficulté que moi, à ce stade de mon exercice, car la langue anglaise regorge de mots wonderful worries.
Xième liste, pourtant, mais toujours aussi difficile à ce stade, et d’ailleurs j’en ai oublié mon thème principal, le temps qui passe.
Y a-t-il thème plus universel ? « Il n’aurait fallu qu’un moment de plus pour que la mort vienne… », disait l’ami Aragon.
Zone sinistrée de l’homme hors du temps, et cette cloche qu’il entend sourdement, « vienne la nuit, sonne l’heure, les jours s’en vont »…

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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