Jour 234

Je me suis peut-être trompée dans mon exercice précédent. J’ai essayé pourtant de bien compter le nombre de mots par ligne, en incrémentant d’un mot à chaque nouvelle lettre de l’alphabet. Peu importe. Je me trompe tellement souvent. Hier, par exemple, je me suis rendu compte qu’une fois de plus je m’étais trompée. Je venais de raconter à mon mari, dans la journée, que dès l’âge de sept ans, mon frère Les pattes travaillait au garage de papa. Or, Les pattes soupait avec nous le soir-même, alors j’en ai profité pour lui demander comment il expliquait, avec le recul, avoir ressenti si tôt le besoin de travailler, de ne pas être à la maison, de suivre papa. Il s’est moqué de moi :
– Voyons donc, Lynda, à sept ans ! Je ne travaillais pas ! Es-tu allée écrire ça sur ton blogue dans tes chroniques ? Si oui, il va falloir corriger ! D’ailleurs, je t’ai lue cette semaine, a-t-il enchaîné, et je dois te dire, ma sœur, que tu manquais nettement d’inspiration. Quand tu en es rendue à te demander si tu dois aller chercher tantine en camion ou en auto, c’est que tu n’as pas grand-chose à dire !
– En effet, ai-je répondu.
J’ai voulu ajouter que ça peut être l’essence du texte, ce jour-là, exprimer que l’inspiration n’est pas au rendez-vous. Parce qu’elle ne peut pas l’être tout le temps, et qu’après avoir écrit presque 2000 textes maintenant, il y a des entourloupettes que je pourrais avoir envie d’utiliser pour m’en sortir, mais que je n’utilise pas pour les avoir utilisées déjà. Donc, c’est vrai, certains jours, tout ce que j’ai à faire sortir de moi, c’est le fait qu’il n’y a rien en moi.
Mais je n’ai pas expliqué tout ça parce que Les pattes a continué.
– J’ai lu le premier paragraphe et vraiment, il n’y avait rien ! Est-ce que c’est le retour de France qui explique ça ?
J’aurais voulu lui demander quel lien il faisait avec la France, mais sa compagne a posé la question suivante avant que j’aie commencé à poser la mienne par rapport à la France :
– Est-ce que ton blogue c’est comme lorsqu’on va sur YouTube et qu’il y a des milliers de personnes qui voient les vidéos qu’on partage ?
– Non, pas du tout, j’ai peut-être une trentaine de lecteurs fidèles, et quelques lecteurs qui passent me visiter des fois de temps en temps. Rien d’impressionnant en fait de chiffres.
– Alors à quoi ça te sert d’écrire tout ça ?
– À rien, ai-je répondu.
– Bien, c’est un défi que tu t’es fixé, a suggéré mon frère.
– Exact. J’écris et je suis contente de savoir que je réussis mon défi. C’est un défi invisible, cela dit, silencieux, personne n’est vraiment au courant. C’est plus difficile d’écrire les textes de mon blogue, ces derniers temps, ai-je ajouté, parce que j’essaie d’écrire parallèlement un texte plus long, qui demande plus de souffle.
– Qui sera publié ?, m’a-t-on demandé.
– Ça aussi, c’est un défi silencieux, invisible, j’espère qu’il sera publié, mais je n’en ai aucune idée !

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée a été publiée dans 2 200 textes en 10 ans. Mettre ce permalien en signet.

Une réponse à Jour 234

  1. Jacques dit :

    Si tu étais née en Égypte, tu aurais pu envisager de demander qu’à ta mort on transcrive toutes les pages de Badouz en hiéroglyphes colorés, répartis sur toutes les faces internes de ton tombeau, une belle grande pyramide faite de blocs de lapis lazuli. Intemporelle et silencieuse. Un lieu de méditation.

    Aimé par 1 personne

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