Jour 251

Dans mon rêve je me mettais à pleurer. J’étais avec mes amies vénézuéliennes et les membres de leur famille. Ça grouillait de monde, adultes, ados et enfants, ça parlait sans arrêt, ça s’esclaffait. Il faisait soleil, c’était l’été, la lumière extérieure nous enveloppait sans toutefois nous éblouir. Cependant, nous étions à l’intérieur, dans une maison que je ne connaissais pas, dont les pièces étaient peintes en blanc. Ce blanc créait l’atmosphère zen des arrangements qui apparaissent dans les revues de déco, où tout semble impeccablement propre et harmonieux.
Après avoir traversé un corridor, nous nous retrouvions tout le groupe, je dirais une trentaine de personnes, agglutiné dans un étroit local –genre chambre de bonne en France ou cellule de religieuse au Québec– en attente d’une validation quelconque, provenant d’une autorité quelconque. Nous étions collés les uns sur les autres, un peu comme les juifs dans les trains les menant à Auschwitz. Sitôt obtenue cette pseudo permission, nous ressortions en nous éparpillant bruyamment à droite et à gauche. Disons que j’observais que nous étions bruyants et enjoués, sans l’être moi-même car je ne parlais pas et je ne riais pas, mais j’aimais me trouver au sein de ce groupe.
Le moment d’attente dans l’étroit local était d’autant inconfortable qu’un grand parasol occupait la place de peut-être deux personnes. Il était fermé et déposé à l’envers, à la verticale, je veux dire la partie ombrelle appuyée sur le plancher, et le tube qui s’insère normalement dans un socle apparaissait dans les airs. Je ne sais pas à quoi fait référence cet épisode très court de confinement, sinon qu’à me rappeler que je suis malade, ou que des villes en Chine sont coupées du monde, en quarantaine, à cause du coronavirus ? À quoi fait référence le parasol ? Je dirais au sentiment que j’ai d’être en vacances, quoique malade, car je me suis délestée de mes petites obligations et j’accorde la priorité à mes projets personnels.
Nicoletta me disait alors que la fête avait été très réussie, qu’elle était enchantée de m’avoir vue, ainsi qu’Emma, et qu’elle se réjouissait de constater que j’étais heureuse et en forme dans mon environnement. Je pense que c’est en m’annonçant que notre rencontre était déjà terminée que je me mettais à pleurer, émue qu’elle ait aimé l’accueil que je lui avais fait, et déçue qu’elle n’ait pas envie de rester davantage. Les pleurs font peut-être référence aussi au récit de vie sur lequel je travaille, car je constate au fur et à mesure des péripéties que je me remémore, que mes émotions étaient refoulées, quand j’étais jeune, il me semble…
Hier soir j’avais de la difficulté à avaler tellement les lames de rasoir me dérangeaient, et heureusement j’avais déjà ce matin à mon dossier à la pharmacie une ordonnance pour des antibiotiques. Je me suis empressée d’aller les chercher, j’ai pris un premier comprimé, et j’ai l’impression que je me sens déjà mieux. Cela étant, je ne veux rien changer à mon projet égoïste de prendre du temps pour moi, et pour mon mari, jusqu’à la fin du mois, sans sortir, sans accepter d’invitation. Encore sept jours. C’est beaucoup trop court !

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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