Jour 253

bourgogne

Nous nous contentions de porter du rouge à lèvres de la marque Burt’s Bees, acheté à la boutique de produits naturels Fleur sauvage de l’avenue Monkland. Très vite, le baume a commencé à se garnir de cristaux qui restaient tels quels sur les lèvres, ne s’atténuant qu’au moyen de la pression du doigt. Je dirais que le produit a mal tourné, mais nous l’avons quand même utilisé jusqu’à ce qu’il n’en reste plus dans le tube. 

J’y vais mollo aujourd’hui, je joue en simple et non en double ! Je vais m’inspirer de mon passé récent, en voyage européen, pour écrire ce texte aujourd’hui, histoire d’oublier la morosité de mon état physique et mental parce que je commence à en avoir assez d’être malade. Je viens de passer une heure debout à cuisiner –des aubergines, mon mari ne le sait pas encore !– et mes jambes appellent un repos comme si j’avais pratiqué un sport.
J’ai aimé à Barcelone constater que les enfants vivent au rythme des sorties de leurs parents. À 22, 23 heures, on les voit dormir dans leur poussette, bien emmitouflés, pendant que les parents profitent de leur promenade, de leur soirée. C’est sûr que là-bas il fait chaud, même en décembre. On portait quand même nos manteaux le soir, Emmanuelle et moi, mais la rigueur du climat n’arrive pas à la cheville de celui qu’on connaît ici au Québec. Les parents n’ont pas besoin de porter de grosses bottes d’hiver, des anoraks, des mitaines. Beaucoup de femmes d’ailleurs sont aux commandes de leur poussette chaussées de talons aiguilles et de jeans skinny. Ces femmes aussi, ai-je remarqué, sont souvent maquillées, coiffées, habillées sexy. Je ne suis pas très fière de ce que je m’apprête à écrire, mais je vais l’écrire pareil : je me disais, voyant ces femmes, belles, longues mèches noires bouclées retombant sur les épaules, qu’elles pourraient se maquiller moins pour ainsi polluer moins ! Emmanuelle et moi nous contentions d’une bonne épaisseur de rouge à lèvres. Rose à Paris, plutôt Bourgogne à Barcelone.
D’autres petites choses me ramènent non en Espagne mais en France. J’apprends que les touristes français qui sont disparus –leur guide est décédé– en motoneige sur le Lac St-Jean, hier mardi, provenaient de l’Alsace. Or, Strasbourg, où étudie chouchou, est la capitale de la région de l’Alsace. J’ai lu l’article du Figaro qui relate l’événement. On y écrit que St-Michel-des-Saints est une bourgade, et que c’est dans cette bourgade que les motoneiges ont été louées. En m’inspirant de la théorie selon laquelle toute personne sur la planète peut être mise en relation avec toutes les autres par l’intermédiaire d’un nombre de maillons qui sera toujours inférieur à six, je peux avancer ceci : ces Français de la région dans laquelle Emmanuelle passe son année d’études sont en relation avec Denauzier qui a acheté sa motoneige là où les Français ont loué la leur. Cela me fait penser au film Babel. Il me semble que le film est construit sur ce même jeu de relations entre étrangers qui ne sont pas si étrangers que ça les uns les autres…

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
Cette entrée a été publiée dans 2 200 textes en 10 ans. Mettre ce permalien en signet.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s