Jours 263 et 262

avionPET

Retour à la maison dans un petit avion, entre Washington où je faisais escale et Montréal. À mon arrivée à l’aéroport Pierre-Elliot-Trudeau, les édifices de la ville étaient du côté opposé à celui où j’avais mon siège. Ce sont deux jeunes Françaises qui ont eu droit aux édifices. J’ai déduit, à leur conversation, que celle qui parlait tout le temps avait déjà séjourné à Montréal, et que la silencieuse y venait pour la première fois. – Tu vas voir, disait la verbomotrice à la silencieuse, les gens ici ne disent pas qu’il neige, ils disent qu’il y a de la sloche… 

J’ai quand même fait des choses autres, depuis mon retour à la maison, qu’écrire, lire, dormir et écouter la télévision. J’ai fait des choses banales –écrire et lire n’étant pas, à mes yeux, banal. Par exemple, j’ai lavé les vêtements que je rapportais dans mes valises. Ou plutôt, la machine les a lavés. J’ai fait ça à ma manière, c’est-à-dire le blanc avec le blanc –en ajoutant un bouchon d’eau de Javel–, les couleurs vives ensemble, le noir et le marine ensemble. Emmanuelle et mon mari envoient tout dans une même machine, sans se poser de question. Le blanc ressort grisâtre.
J’ai ensuite fait sécher les vêtements sur un séchoir métallique que nous installons pour l’occasion devant le feu de foyer. À chaque fois, je me dis que cette manière de sécher les vêtements va créer de l’humidité dans la pièce. Ce n’est pas le cas, l’hygromètre indique le même pourcentage, un maigre 20%, séchage ou pas. Le séchoir comporte une barre horizontale supérieure à laquelle on suspend les vêtements qui vont sur les cintres, et une série de barres assez proches les unes des autres, posées à la mi-hauteur, sur lesquelles on fait pendre les autres vêtements. Je commence habituellement par les chemises. Je les dépose sur les cintres, puis je les boutonne chacune de haut en bas. Je tiens ensuite le premier bouton, à la hauteur du col, entre mon pouce et l’index, et je tire sur la partie inférieure de la chemise de la même manière, entre mon pouce et l’index de l’autre main, pour défriper la patente. Ça fonctionne assez bien. Un ami m’avait montré cette technique, il y a fort longtemps, j’avais l’âge d’Emmanuelle, et je trouvais qu’il était trop méticuleux !
Quand on a fini de laver et surtout de faire sécher, on range le séchoir dans la salle de bains du rez-de-chaussée. Quand je me lasse de l’avoir à la vue dans la salle de bains du rez-de-chaussée, qui me voit la visiter une bonne dizaine de fois dans une même journée, je le descends dans la salle de lavage, au sous-sol. L’engin est léger et je ne risque pas de me blesser, mais plus souvent qu’autrement j’accroche les photos dans leurs cadres qui décorent les murs de part et d’autre de l’escalier.
Au bout de quelques jours, et ce tout l’hiver, on recommence la séquence. Lavage, séchage, rez-de-chaussée, cadres déplacés, sous-sol.
J’ai aussi fait cuire un filet de porc dans la mijoteuse. Je me suis inspirée d’une recette cétogène selon laquelle on ajoute un peu de stévia aux épices pour obtenir un effet sucré. Sachant que mon mari déteste le goût de cette plante, et que je ne l’aime pas trop non plus, j’y suis allée mollo, mais ce fut encore trop. Je n’ai donc pas aimé la saveur de la viande, mais heureusement mon mari s’est laissé séduire.
– C’est délicieux chérie !
Pour ne pas dire que j’avais eu recours à de la stévia, j’ai répondu à mon mari que le petit goût de cannelle, effectivement utilisée parmi les épices requises, ne me plaisait pas tellement.
Comme nous avions beaucoup de viande pour un seul repas, j’ai réutilisé les filets le lendemain. J’ai eu l’idée de les napper d’une sauce à la crème. J’ai fait sauter des oignons, des champignons, j’ai déglacé avec un peu de vin blanc, puis j’ai ajouté la crème, le sel, le poivre. C’est tout. Pour ne pas avoir en bouche le goût de la stévia, j’ai rincé la viande à grande eau, comme si je débarrassais de leur goût de sel des aubergines que j’aurais fait dégorger pendant six heures ! Ç’a très bien marché. Ce fut cent fois meilleur que la veille.
Nous avons aussi préparé une soupe, Denauzier et moi. Nous avons tout mis en place dans la cuisine, les légumes sur le comptoir, la planche à découper, les restants de dinde congelés à verser dans la casserole déjà pleine d’eau, etc. Au moment de nous y mettre, le téléphone a sonné, c’était pour mon mari, et de fil en aiguille je me suis occupée de presque tout. J’avais ouvert une barquette de tofu, dont la date de péremption était atteinte, afin de le verser dans la soupe avant de la servir. Mais j’ai oublié de l’y mettre, alors on a mangé la soupe sans tofu et je ne l’ai ajouté qu’après.
Le lendemain midi, je nous ai servi une salade d’inspiration grecque, avec tomates, origan, olives et fromage feta.
– Tu trouves le moyen de nous faire manger ton tofu !, s’est exclamé mon mari –qui était pourtant en train de mastiquer le feta.
Je l’adore.
Hier, pour poursuivre sur le plan alimentaire, les amis voisins, me sachant malade, sont venus nous offrir des nokedli faits maison. Le voisin, anciennement traiteur, qui a ses origines hongroises, est un excellent cuisinier. Les nokedli sont, sans surprise, d’origine hongroise. Ils ressemblent étrangement aux spaetzle que j’ai découverts en Alsace. Ou encore aux gnocchis que j’ai déjà cuisinés chez mon amie Nicoletta. Je ne suis pas certaine de ce que j’avance, mais je pense que nokedli et spaetzle comptent des œufs au nombre des ingrédients –essentiellement de la farine–, tandis que les gnocchis ne seraient qu’un mélange de purée de pommes de terre roulée dans de la farine ? Un ragoût de bœuf à la tomate et aux carottes venait avec les pâtes. J’ai ajouté un peu de parmesan dans le fond de nos bols. Ce fut un délice.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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