Jour 280

HALLEBARDE-MEDIEVALE

L’hallebarde est une arme médiévale.

« En référence au gros sac de courrier que porte le facteur », ai-je écrit dans mon texte précédent, à propos de ma sacoche achetée chez Paul Marius.
Faux.
Le facteur ne porte pas de sac de courrier. Il circule en bicyclette. Je le sais parce que je l’ai vu, encore une fois. J’ai vu une femme facteur, apparemment en pleine forme parce que sa démarche était rebondissante, entrer dans un commerce en n’ayant à la main qu’une petite pile de courrier, celui destiné au commerçant.
– Merci !, a répondu celui-ci d’une voix enjouée, même s’il devait bien savoir que la pile contenait des factures.
Encore une fois, je ne devrais pas autant m’avancer parce que beaucoup de paiements, de nos jours, se règlent par Internet.
– Il n’y a pas de quoi !, a répondu la factrice.
– À demain !, se sont-ils dit presque en même temps.
J’étais en train d’admirer je ne sais quoi dans cette boutique, parmi plusieurs autres que j’ai visitées, mon grand plaisir ayant été de traînailler dans plusieurs d’entre elles. Je marche au cœur du Vieux Strasbourg, idéalement au soleil s’il y en a ce jour-là. Je fais quelques pas, je m’arrête devant une vitrine. J’observe savoureusement tout ce que j’y vois. Encore quelques pas, encore une vitrine, encore savourer.
Je prends les devantures en photo. Je m’éloigne, je me rapproche, j’attends qu’aucun piéton ne soit dans mon champ de vision, je pèse sur le bouton de mon appareil. Puis j’entre dans le commerce, juste pour le plaisir des yeux. Je fais connaître mon intention dès mon entrée, en demandant à la vendeuse si je peux simplement regarder sa marchandise. Elle me répond Mais bien sûr, allez-y. Je regarde, je palpe un peu, je remercie, je sors.
Je mets bien sûr un livre dans ma nouvelle sacoche, et quand je décide que c’est l’heure d’un petit repos, je m’installe à un café, je lis, j’observe, je bois mon Americano. Je ne peux pas mieux, il me semble, profiter de la vie. Même si, paradoxalement, je lis un livre sur la mort, à savoir La mère morte, écrit par Blandine de Caunes, qui raconte la fin de vie de sa mère, Benoite Groult.
Au fil de ma visite des boutiques, je suis un jour entrée chez Lindt, rue des Hallebardes, y boire un chocolat chaud. Exquis, faut-il le préciser.
– Tu devrais aller là, m’avait dit Emma alors qu’on passait devant la boutique qui était fermée.
Ma fille est une guide gastronomique.
– Et tu pourrais aussi aller là, à côté, commander des spaetzle, avait-elle ajouté.
– Qu’est-ce que c’est, des hallebardes ?, m’étais-je demandé en buvant mon chocolat.
Ma première idée est allée à des salopettes.
– Ce doit être des salopettes que portent les paysans, en Allemagne, quand il faut ramasser le foin à la fin de l’été.
???
– Ou alors ce serait la même chose que des oripeaux ? Des oripeaux ou des oriflammes ?
Pour minimiser mes lacunes de vocabulaire, je me console en me disant que je l’ai déjà su, mais que je ne m’en rappelle plus !
Et sur ce, comme c’est mon dernier jour à Strasbourg, je retourne me promener.
Je prends le train et l’avion demain le 9 janvier.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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