Jour 291

ChapeauxMieux

Retrait de la facture de déneigement qui séparait les deux photos, pour mieux percevoir la cohabitation des deux chapeaux de même style sur la porte du frigo.

Autres phénomènes simultanés, autres coïncidences. Il était à nouveau question, dans mon texte d’hier, de Paul Marchand et du film Sympathie pour le diable qui reconstitue quelques années de sa vie de journaliste à Sarajevo, pendant la guerre opposant les Croates aux Serbes. Or, au même moment mais pas à la même heure compte tenu du décalage horaire, je reçois sur mon cellulaire un texto d’une amie. Elle est en Serbie, elle m’envoie une photo prise dans un restaurant de Belgrade. Ce n’est pas banal, il me semble, ce croisement serbe…
Ou encore ceci : mon mari décide d’aller au chalet et je préfère ne pas l’accompagner pour flâner, ne pas trop bouger, ou alors peut-être bouger un peu pour peindre. Un ami vient de me prêter La montagne magique, de Thomas Mann, et je me propose de passer l’essentiel de ces deux jours seule à lire. C’est une brique de presque mille pages.
– Que penses-tu faire pendant que je ne serai pas là ?, me demande Denauzier.
– Presque rien, mes activités habituelles quand je suis célibataire.
– Donc on ne baisse pas le chauffage, tu seras à la maison ?, veut-il vérifier.
– Exact.
J’ai répondu tout en me rendant vers mon ordinateur dans mon bureau. Qu’y avait-il dans ma boîte de courriels ? Une invitation de mon amie de Québec à aller la voir là là, ce week-end, alors que je suis entièrement libre, et que c’est rare en titi que je sois en mesure de me virer sur un dix cennes.
– Finalement, chéri, ai-je repris en revenant voir mon mari, je vais aller chez Estelle à Québec, je pars demain en début d’après-midi.
– Il me semblait aussi !, soupire-t-il parce qu’il trouve que je ne me repose pas assez.
Que penser, aussi, de toutes ces fois où mon regard tombe sur l’heure qui affiche des chiffres identiques : 12:12, 17:17, 21:21… Je dirais que ça m’arrive plus souvent de tomber sur des chiffres identiques que le contraire.
– Qui peut bien penser autant à moi ?, me suis-je demandé récemment. Est-ce bien ça que ça veut dire, les chiffres identiques, que quelqu’un pense à nous ? Est-ce un être vivant ou un défunt, en l’occurrence François ?
C’est agréable d’attribuer du sens à ces petits riens, à ces hasards, ces coïncidences. De les entourer d’un peu de mystère, en somme. Je ne sais pas si c’est parce que je ressens un manque, sur le plan de ma vie spirituelle, mais j’aime fureter dans ces zones d’ombre un peu métaphysiques. Je pense que certains de ces événements croisés sont révélateurs, mais ce n’est pas toujours facile de savoir ce qu’ils révèlent. Mais parfois c’est facile. Lorsque j’ai offert à Jacques-Yvan une carte qui reproduisait Les mariés de la tour Eiffel, de Chagall, et qu’il m’a remis en retour, dans la minute suivante, une carte qui reproduisait Les mariés de la tour Eiffel, nos êtres étaient habités par la même énergie amoureuse, la même tension, le même désir d’union de nos destinées.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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