Jour 316

Il faut dire que je ne me donne pas de chances. J’écris mes 500 mots, la plupart du temps. Je me mords presque les lèvres –de mortification ?– si je publie un texte qui n’en compterait que 484, admettons. Je publie souvent des textes de plus de 500 mots, par ailleurs, comme celui que j’ai mis en ligne un peu plus tôt qui en compte 596.
Je devrais me baser sur l’expérience de ma gelée de raisins, pour m’inciter à apprivoiser la souplesse. Les premières cuissons de raisins se sont faites, certains s’en souviennent peut-être, à la manière Lynda : en retirant les petites tiges vertes, en rinçant et re-rinçant les fruits pour les débarrasser de leurs impuretés, en enlevant une à une les quand même impuretés qui venaient flotter à la surface de la mixture lors de la cuisson, etc. Les cuissons suivantes se sont faites, au fur et à mesure, à la manière Denauzier. D’abord en n’extrayant plus les petites tiges vertes, puis en rinçant moins, puis en ne ramassant plus les quand même impuretés à la surface de la mixture, pour en finir par pitcher toutes les grappes telles quelles dans la casserole sans rien nettoyer ni rincer. Ça, c’est réaliste et efficace. On a envie de faire cuire des tas de grappes quand on s’y prend de cette façon, alors qu’avec ma façon il y a de quoi se décourager avant même de commencer !
Je ne veux pas dire qu’écrire mes 500 mots coûte que coûte me décourage d’écrire, mais je pourrais m’accorder des écarts, des fois de temps en temps, et ne pas en conserver l’impression que j’ai travaillé moins fort, que je me la suis coulé douce, que je manque de rigueur, etc.
En bonne extrémiste que je suis, autant je peux être à cheval sur les principes quant à mes contraintes d’écriture, autant je peux ne pas l’être dans d’autres domaines. Je pense par exemple à la nourriture, à la préparation des repas. Hier soir, Denauzier et moi avons soupé en n’ayant, en tout et pour tout, qu’un petit médaillon de bœuf dans notre assiette, rien pour l’accompagner. J’arrange ça à ma manière, dans ma tête. Je me dis que nous mangeons de la façon la moins transformée possible, pas d’épices, pas de sauces, que l’aliment brut pour en découvrir la saveur. Souvent pas de sel, ni poivre. Je me dis encore que nous mangeons une famille alimentaire à la fois, ici seulement les protéines, tenant en compte que selon certaines lignes de pensée, il n’est pas recommandé de mélanger les protéines et les féculents en même temps. Les féculents, de toute façon, j’essaie de les éliminer le plus possible, pour ne pas abandonner complètement les principes de base de l’alimentation cétogène.
Cette approche minimaliste fait en sorte que je m’extasie quand un repas complet m’est servi, comme ce fut le cas chez mon amie la semaine dernière. Je n’ai pas arrêté de dire qu’elle travaillait fort, nous ayant servi en amuse-gueule des petites pointes de pizza, puis un spaghetti à la sauce végétarienne, la viande étant ici remplacée par des particules de seitan, puis une salade d’épinards, puis un morceau de gâteau à quatre étages, ou alors une pointe de tarte aux pommes. Des tranches d’une belle baguette blanche accompagnaient le spaghetti pour nous permettre à la fin d’absorber le restant de sauce dans l’assiette. C’était le bal des féculents, or j’ai dansé la valse en masse puisque j’ai mangé de tout. Il faut dire que mon amie a encore une famille à nourrir et qu’avec mon illustre personne nous étions cinq autour de la table.
Je m’arrête ici, à 605 mots.

À propos de Badouz

Certains prononcent Badouze, mais je prononce Badou. C'est un surnom qui m'a été donné par un être cher, quand je vivais en France.
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